Chronique National: Harper et la statique

mercredi 6 novembre 2013 9:00

Si je vous parlais de Stephen Harper, je vous parlerais de ses cheveux.

Aux élections de 2006, j’avoue ne pas avoir écouté un seul mot de ses discours. «Monsieur le Playmobil, euh pardon, Monsieur le Premier Ministre, portez-vous une perruque?», lui aurais-je demandé si mon bas âge ne m’avait pas empêché d’exercer le quatrième pouvoir. Question futile, d’aucune utilité pour la protection d’un idéal démocratique. Quoiqu’aujourd’hui, c’est peut-être la seule à laquelle notre figurine nationale daignerait répondre.

Sourires figés, déclarations en français moulées dans le plastique. Les Québécois qui m’entourent le disent. Ils lui «haïssent la face». L’un a perdu son emploi en recherche sur le SIDA, l’autre étire son petit change avant l’arrivée de l’hiver. Moi, j’ai mal au cœur chaque fois que je passe devant les locaux de l’ONF. Et je m’arrache les cheveux quand je lis le journal.

Si je tourne les pages à l’envers, est-ce que mon pays, euh pardon, cet État va-t-il arrêter de reculer? Selon l’OCDE, les Canadiens sont parmi les mieux instruits  au monde. Plus de la moitié d’entre eux sont allés au Cégep ou à l’Université. Mais au-dessus de leurs têtes, le Parti Rétro de M. Harper a du mal à les laisser réfléchir et compose des discours expressément ennuyeux, question de ne laisser aucune trace dans les cerveaux des électeurs. Vaut mieux ne prendre aucune chance qu’ils aient un esprit d’analyse.

Qu’ils oublient que les cheveux de Stephen Harper ont servi de bouclier au protocole de Kyoto. Laissez de la place à l’économie de guerre, sur ces terres prometteuses. Qu’on laisse les jets écraser la tour Radio-Canada. De toute manière, pas besoin de journalistes dans ce pays, les caméramans feront l’affaire. Lors du dernier discours du trône, eux seuls ont été autorisés à couvrir l’évènement. Le Premier ministre a même critiqué le travail des journalistes, qu’il accuse de favoritisme envers le NDP.

Le plus meilleur pays du monde, disait Jean Chrétien. Peut-être qu’en 2006, je savais pourquoi. Aujourd’hui, je ne m’en rappelle plus. Dans les médias québécois, aucune trace d’espoir. Ce qui est bien, avec les Playmobils, c’est qu’on peut leur changer la tête.

Catherine Paquette, chef de pupitre National

1 Comment

  • Sophie Courchesne

    A-t-il une perruque? Ceci me déconcentre quand je l’écoute parler…

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