Dégage, Berlusconi

mercredi 16 novembre 2011 12:20

Par Catherine Lévesque, directrice de L’Esprit Simple

Finies, les partouzes en Italie sous les feux des projecteurs. Depuis que Le Cavaliere a démissionné de son poste, il pourra s’adonner au bunga-bunga, son activité préférée, en toute liberté.

Tout comme son ex-collègue grec Georges Papandréou, Silvio Berlusconi a passé au cash. Les manifestants – manifestantes, surtout – l’attendaient de pied ferme armés de huées et insultes. Aux dernières nouvelles, Monsieur serait profondément déçu de la joie générale qui accompagnait l’annonce de sa démission, à Rome. «Primavera, primavera» (Printemps, printemps), chantonnait la foule, faisant référence aux dictateurs déchus du Printemps arabe.

Ne comprend-t-il pas le mot «Dégage»?

Le gouvernement ne se fera pas pardonner avec des colliers de diamants ou des promesses en l’air. La colère d’un peuple n’est pas comparable aux crisettes des lolitas que le Cavaliere de 75 ans fréquente. Si «non» veut dire «oui» venant de la bouche pulpeuse d’une mineure marocaine, ça signifie un vote de moins pour la personne qui détient le pouvoir.

Quand il était à la tête du pays, M. Berlusconi a manqué à ses obligations envers le peuple italien. Non seulement il était mandaté pour dynamiser la création d’emplois, mais aussi pour contrôler la dette. S’il pensait bien gérer la situation du haut de sa chambre à coucher, la réalité en est tout autre.

Le chômage chez les Italiens de moins de 30 ans atteignait le pourcentage vertigineux de 28,9% en janvier 2011, selon le le quotidien Il Corriere della Sera. La dette, elle, serait évaluée à 1,9 milliards d’euros, le faisant un des pays les plus endettés au monde. La dolce farniente, pratique que Julia Roberts a découvert dans le film Mange, prie, aime en s’empiffrant de pâtes et se saoulant au vin, aurait-elle rattrapé les politiciens de la Méditerranée?

Plus que jamais, les politiciens se font scruter à la loupe par les électeurs, qui s’attendent à un comportement irréprochable de leur part. Dans le cas de Berlusconi, il est malheureux de constater que ce ne sont pas les Italiens qui l’ont forcé à quitter, mais bien le milieu de la finance internationale. Quoi qu’il en soit, l’Italie s’est désintoxiquée d’un élément politique gênant par ses nombreux scandales, d’un homme criblé de poursuites.

Mario Monti, qui lui succède, a du pain sur la planche pour restaurer la crédibilité de l’Italie au plan économique. L’Esprit simple lui souhaite de mettre de l’eau dans son vin italien, question d’y voir clair pendant qu’il imposera des mesures d’austérité. Il en aura besoin.

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