Les contrecoups de la révolution cubaine: Cuba s’ouvre…au privé

dimanche 10 novembre 2013 5:39

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Oscillant entre démocratie et dictature, l’un des derniers États socialistes du globe connaît des réformes économiques qui l’éloignent de la vision première du régime.

Par Valérie Boisclair

Depuis la reprise du pouvoir par Raùl Castro en 2008, Cuba connaît une libéralisation économique grâce à l’autorisation officielle de commerces privés et à la nouvelle incitation à l’entrepreneuriat. Alors que les Cubains s’émancipent de l’État, le pays se détache de son étiquette communiste au rythme des pesos qu’il encaisse.

L’embargo américain a affecté Cuba sur les plans économique, financier et commercial depuis 1962. Cette mesure a connu certains assouplissements concernant les biens alimentaires et les médicaments depuis 2000, mais elle demeure controversée. Les dommages en date de 2002 étaient estimés à «70 milliards de dollars depuis son instauration» selon un rapport de Cuba au Secrétaire de l’ONU.

«La distribution alimentaire est extrêmement critique», rapporte le professeur en sciences politiques et sociales de l’UQAM, André Corten. Cuba tente de s’affranchir par une libéralisation progressive. La nouvelle de la création d’auto-entreprises permettant l’embauche d’employés se rapproche davantage du système capitaliste. De telles mesures permettent aux Cubains de contribuer à l’économie du pays, en plus d’acquérir leur petit per diem. Toutefois, les relations tendues avec les États-Unis continuent d’isoler Cuba. Washington exige la tenue d’élections pluralistes avant de lever l’embargo, ce que refuse le régime Castro.

Le Parti communiste de Cuba, aussi nommé Parti unique, est au pouvoir depuis le coup d’état de Fidel Castro. Il n’y a aucun parti d’opposition, «ce qui ne correspond pas à la norme démocratique», précise André Corten. La démocratie n’est pas complètement bafouée pour autant puisqu’il y a consultation de la population, où le parti recrute de nouveaux candidats souhaitant occuper des postes.

Les réformes économiques laissent toutefois dans l’ombre les cas de dissidents emprisonnés pour des motifs politiques. Reporters Sans Frontières place Cuba au 167e rang sur 179 dans son classement mondial de la liberté de presse en 2012, sans oublier que l’article 53 de la Constitution cubaine stipule que seuls les médias officiels sont autorisés. Cuba essaie de contrôler l’utilisation d’Internet, sans totalement y parvenir.

Les idéaux du régime orientent pourtant la mobilisation des Cubains vers des objectifs communs comme l’éducation. «Cuba est l’un des pays les plus éduqués. Il a connu le développement d’un service de santé des plus performants, de sorte que ses médecins sont exportés à l’étranger», indique André Corten.

«Seul le socialisme est capable de vaincre les difficultés et préserver les conquêtes de la révolution», déclarait le site pro-Castro Cubadebate.cu en 2011 au sujet de la nouvelle structure sociétale. Une vision tronquée de la République du Che est souvent répandue dans plusieurs médias occidentaux qui projettent une image oppressive de Cuba. Ce portrait tend toutefois à changer grâce aux dernières réformes, non seulement économiques, mais sociales. La reconnaissance des droits des gais et lesbiennes de 2008 permet aussi au pays d’adoucir le contraste qui l’oppose au reste du monde.

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