L’homosexualité dans le sport: Un tabou qui persiste

lundi 20 janvier 2014 9:30
Crédit photo: Yan Doublet, communications PEPS

Crédit photo: Yan Doublet, communications PEPS

De plus en plus acceptée, l’homosexualité demeure taboue dans le monde du sport alors que de nombreux athlètes attendent la fin de leur carrière pour sortir du placard.

Par Antoine Samson

Trouver un homosexuel qui s’affiche publiquement dans le sport professionnel relève presque de l’exploit. En 2011, l’ancien joueur de l’Impact de Montréal, David Testo, a relancé le débat sur ce tabou bien ancré dans le sport en sortant du placard. Plus tôt cette année, Jason Collins est devenu le premier sportif en activité dans une équipe professionnelle américaine à faire son coming out.

L’entraîneur-chef de l’équipe de volley-ball du Rouge et Or de l’Université Laval, Pascal Clément, a attendu d’être dans la trentaine pour affirmer ouvertement son orientation sexuelle. Un sentiment le guettait: la peur. «Plus jeune, c’était la peur de perdre mes coéquipiers, de ne pas être accepté. Plus tard, c’était plus par rapport à ma carrière d’entraîneur et de professeur. J’avais peur de perdre ce que j’avais, de perdre mes amitiés, de perdre ma crédibilité», raconte-t-il.

Cette sortie publique aura toutefois été bénéfique pour ce volleyeur de haut niveau. «Ça a été du bonheur pour moi, un soulagement, mais plus encore, ça a été un sentiment de transparence et d’honnêteté envers mes proches, envers les gens avec qui je travaille, envers mes athlètes avec qui je passe beaucoup de temps. Plus je me suis affirmé, plus je me suis senti vrai», admet-il.

Lorsqu’il est sorti du placard, Pascal Clément a été l’un des rares athlètes à ne pas subir de discrimination pour son orientation sexuelle. Plus encore, il est maintenant un exemple pour de nombreux sportifs homosexuels. «J’ai été chanceux, mais je pense qu’il faut faire sa chance. Pour que les autres te respectent, il faut aussi qu’eux se sentent respectés là-dedans. On veut être acceptés, mais je pense que c’est important de respecter les autres dans leur cheminement. Je ne peux pas leur imposer ça. Aujourd’hui, tout se fait dans le respect. Il n’y a pas de zones grises ni de malaise», se réjouit-il.

Un milieu homophobe

Selon le psychologue Jacques-Pierre Godon, les valeurs du milieu sportif sont plutôt traditionnelles. Les athlètes homosexuels ont donc tendance à ne pas exposer leur orientation sexuelle par crainte d’être différents des autres.

«Ils se sentent très marginaux parce qu’ils évoluent dans des milieux où la norme, c’est d’être masculin et selon les croyances, un homosexuel, ce n’est pas masculin. Les milieux sportifs sont très machistes, surtout dans les sports d’équipe. Ça va très loin parce que les gais ne s’avoueront pas surtout parce qu’ils ont peur de créer un malaise dans l’équipe», affirme-t-il.

Simon-Louis Lajeunesse, professeur associé en sciences sociales à l’Université de Montréal et auteur du livre L’épreuve de la masculinité : Sports, rituels et homophobie, croit pour sa part que le modèle auquel les hommes sportifs adhèrent actuellement est homophobe. Selon lui, dans ce monde très masculin, les sportifs ont peur d’être associés à quoi que ce soit de féminin. C’est pourquoi ils rejettent l’homosexualité.«La masculinité devient quelque chose qui s’attrape par contagion, un peu comme la grippe. On est viril et masculin parce qu’on se tient avec des gars virils et masculins. On ne veut pas se tenir avec un gars qui a l’air fif parce que cela pourrait rejaillir sur nous, ajoute Simon-Louis Lajeunesse. Pour des raisons de contagion, on ne peut pas avoir quelqu’un près de soi qui n’est pas dans la même lignée.»

Il affirme cependant que ceux qui pratiquent des sports individuels ont une certaine marge de manœuvre. C’est la raison pour laquelle on retrouve davantage d’homosexuels en patinage artistique, en plongeon ou en natation. «L’homosexuel qui agit dans un sport individuel va se sentir jugé, mais il ne pourra pas être exclu d’une équipe qui n’existe pas. Dans une équipe de sport, tes coéquipiers et tes entraîneurs font souvent des commentaires extrêmement péjoratifs envers les homosexuels. C’est donc assez difficile de s’avouer publiquement», explique le professeur.

Briser le tabou

Aux Jeux olympiques de Londres, seuls 23 athlètes sur plus de 10 500 se disaient ouvertement homosexuels. Cela représente un pourcentage négligeable de 0,2% comparativement aux 5 à 10% qui sont observés dans la population.

L’ancien joueur étoile des Alouettes de Montréal, Étienne Boulay, ne s’en cache pas, il n’a jamais été témoin d’un athlète qui a révélé son homosexualité. Il croit cependant que les joueurs hétérosexuels ont une part de responsabilité dans l’évolution des mentalités. «C’est la perception des gens qu’il faut changer. Il faut aussi que des joueurs hétérosexuels se lèvent pour dire haut et fort qu’il faut qu’arrête la discrimination.»

1 Comment

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