Excès de partisanerie

vendredi 7 mars 2014 5:00

L’excès a beau être partout, il se manifeste rarement de manière aussi subtile et raffinée qu’en politique. Tantôt grossière erreur à la Rob Ford, tantôt vote forcé accordé sur la ligne du parti à l’Assemblée nationale, l’excès pointe son nez partout et presque toujours de manière indésirée.

Le projet de loi Mourir dans la dignité, qui a fait l’objet de plus de deux ans de consultations publiques et d’un processus démocratique exemplaire jusqu’à maintenant, est l’exemple parfait du moment fatidique où l’excès de partisanerie fait basculer (symboliquement) toute une société. Au fur et à mesure qu’approche une éventuelle campagne électorale, les chances de survie de ce projet de loi essentiel s’amenuisent. Les heures de discours sur le vote des députés étant raccourcies, le PLQ s’oppose à la prolongation des travaux parlementaires. Et le PQ proteste peu.

Cela fait quatre ans que la députée Véronique Hivon planche sur ce projet de loi essentiel à la société civile et qui semblait pour une fois, ô miracle, faire consensus entre les hommes et femmes politiques. Mettre de côté sa partisanerie pour le bien commun, pour les personnes qui souffrent et qui souhaitent mettre fin à leurs jours de manière la plus paisible possible. La question a beau être délicate et sensible, les députés avaient fait preuve d’un comportement jusqu’ici admirable à ce sujet.

Et c’est si dommage que dans les dernières heures d’un moment aussi charnière pour ce projet de loi, les députés retrouvent leurs vieilles habitudes de partisanerie. La bassesse du jeu politique est ici mise en lumière avec toute la vigueur de l’indignation des citoyens. Le Québec avait la chance d’affirmer haut et fort sa sensibilité et sa maturité politique, mais il faut croire qu’il reste un grand ado boutonneux qui, entre deux accès de lucidité, replonge dans son infantilisme et son attitude irresponsable.

D’un côté il y a l’excès de partisanerie jusqu’à en donner mal au cœur et de l’autre, l’apolitisme. Parfois les excès sont ceux de l’immobilisme et du statu quo. On ne les voit pas, mais ils dégagent une odeur nauséabonde.

Audrey Neveu, Rédactrice en chef

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