Les escouades à la rescousse

jeudi 13 mars 2014 11:00
Crédit Flickr: Dimitridf

Crédit Flickr: Dimitridf

À court de solutions pour sauver le nombre croissant de chats errants au Québec, les escouades bénévoles tentent de vider les fourrières de ces pauvres bêtes.

Par Marianne Julien

Les avis de recherches d’animaux abondent sur les boîtes postales et les poteaux de téléphone. Chaque année, les fourrières débordent un peu plus. Abandonnés, les chats représentent 65% des animaux dans ces refuges, selon la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA). La solution immédiate se trouve peut-être dans les groupes de bénévoles qui sauvent les animaux, les «escouades» telles que Rescue 4 Pattes. Ce groupe de la Rive-Nord, constitué de neuf personnes, jeunes et mois jeunes, s’efforce de sauver les animaux de la région.

La responsable de l’adoption des chatons à Rescue 4 Pattes, Carolane Reeves, a rejoint le groupe en septembre dernier. «On tente de sauver le plus d’animaux possible et de contrer la surpopulation chez les chats, précise-t-elle. On conscientise les gens sur l’importance de la situation.» Rescue 4 Pattes s’est donné pour mission de sauver les chats dans les fourrières ayant un haut taux d’euthanasie. L’équipe les transfère ensuite dans des refuges sans euthanasie ou les fait adopter un peu partout au Québec. Depuis qu’elle a rejoint le groupe, Carolane estime avoir sauvé plus d’une cinquantaine de chats. «Il y en a environ dix nouveaux par semaine dans les fourrières et nous réussissons à faire adopter la majorité d’entre eux.» Les chats qu’ils retrouvent échappent à l’euthanasie puisqu’ils restent moins de trois jours dans une fourrière.

Rescue 4 Pattes est très organisée: chaque membre a un rôle précis. Carolane Reeves et un autre membre du groupe s’occupent de l’adoption, l’une pour les chatons et l’autre pour les chats adultes. Un autre visite les fourrières trois fois par semaine et prend des photos des chats en danger, qui seront partagées par la suite sur leur page Facebook. Lorsque quelqu’un est intéressé par l’adoption, il contacte alors les responsables. «Nous passons chaque personne en entrevue sévère, à la suite de laquelle l’adoptant accepte de signer un contrat et de faire stériliser son chat, souligne Carolane Reeves. Il doit nous le prouver en nous envoyant une copie de la facture.» Un point de rencontre est alors organisé pour le transfert de l’animal, sinon un transport est préparé pour aller le porter.

Le vétérinaire et animateur de l’émission Animo à Radio-Canada, Sébastien Kfoury, appuie ces escouades, qui font de l’excellent travail. Toutefois, il a quelques réserves à leur sujet. «Bien qu’ils font cela par bonté d’âme, ils n’ont souvent pas de formation en ce qui concerne la santé et la protection d’un animal, pointe-t-il. Ils aident à sortir les animaux de la rue, mais il arrive qu’ils les négligent, comme on l’a découvert avec le Berger Blanc.» Il rappelle le cas de ce refuge, qui euthanasiait en masse les animaux ramenés par les bénévoles.

Selon la conseillère à l’adoption à la SPCA, Rebecca Valade, l’aide des escouades est importante. «Elles ramènent beaucoup d’animaux abandonnés à la SPCA et si ce n’était pas d’elles, beaucoup plus de chats et de chiens seraient morts dans les rues», souligne-t-elle.

Il y a environ 1,6 million de félins errants au Québec, selon la SPCA. «La plupart sont abandonnés, car le propriétaire ne veut plus prendre ses responsabilités, ou il déménage quelque part où l’on n’accepte pas les animaux», explique Rebecca Valade. Lors des périodes de déménagement, le nombre d’abandons peut presque tripler et passer de 600 à 1600 par mois, selon la Société.

En raison de leur forte reproduction, la situation est bien plus compliquée pour les félins que pour les autres animaux. «Un chat non-stérilisé peut avoir jusqu’à 64 000 descendants en un an», selon Rebecca Valade. Sébastien Kfoury considère quant à lui que le Québec n’est pas assez conscientisé au sujet de cette surpopulation. «La mentalité québécoise n’est pas rendue au stade où les gens sont éduqués à ce qu’on doit faire en amont pour éradiquer ce problème», craint-il.

Plusieurs solutions sont pourtant possibles pour contrôler la situation, incluant la stérilisation. Sébastien Kfoury et Rebecca Valade souhaitent tous deux qu’elle devienne obligatoire pour les propriétaires. «Il faut une législation, ou un simple crédit d’impôt pour le coût de l’opération pour qu’ils en prennent la responsabilité», avance Rebecca Valade. Ils recommandent également les micropuces, qui permettent de retracer les animaux et l’incrimination des propriétaires négligents.

L’aboutissement est plus qu’attendu par ces témoins, qui espèrent que le nombre d’abandons chutera une bonne fois pour toutes. Les escouades, dont le travail s’avère ardu, tentent pendant ce temps d’améliorer la situation en désengorgeant les rues des animaux, un jour à la fois.

1 Comment

  • isabelle cloutier

    bonsoir! nous aurions besoin de votre aide pour donner la chance a 7 chats donc 3 bébés et leur maman a trouver une famille pour eux. ils vivent a l’extérieur présentement et on été abandonné. Nous les voisins nous les nourrissont presentement. J’aimerais beaucoup rentrer en communication avec vous donc voici mon mon cell: 514-608-7891 isabelle cloutier de la région de terrebonne. Merci et bonne soirée.

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