Jour 3: Montréal, t’es tellement froide

vendredi 6 janvier 2012 7:55

Notre cobaye pour la deuxième parution annuelle de l’Esprit Simple, Camille Carpentier, prend de bonnes résolutions : après un temps des Fêtes plein de gras, de sucre et d’alcool, elle entreprend une cure de remise en forme d’une semaine. Suivez son parcours chaque jour de la prochaine semaine.

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Aujourd’hui, deux défis m’attendent. Du jogging entrecoupé de sprints sur le Mont-Royal et un nombre infini de longueurs à la piscine. Question de logistique, mon coach et moi nous nous dirigeons d’abord vers le Mont-Royal. Je ne vais pas prendre deux douches, tout de même. Du centre sportif au parc Jeanne-Mance, le déplacement est déjà un exercice en soit. Surtout lorsqu’il fait entre très froid et crissement frette dans la ville.

Nous ne sommes pas encore à destination que je ne sens déjà plus mes cuisses. Une fois au pied du mont, il nous aurait fallu des bottes d’alpinistes pour rejoindre les sentiers. «Glacé» serait un mot bien faible pour décrire l’état du sol.

À quatre pattes, on atteint finalement les pistes. Grand est mon étonnement d’y voir un poignée de coureurs. La fille de banlieue que je suis s’attendait à voir des skieurs, des gens en raquettes. Tant qu’à avoir un semblant de nature en pleine ville, autant en profiter ! Bien non. J’en ai croisé une bonne vingtaine de ces cinglés, tous en petits souliers de course sur cette glace recouverte d’une mince couche de neige. Je me dis qu’au moins, je ne serai pas la seule à me geler. Bon, ça suffit, je m’y mets si je veux espérer me réchauffer un tant soit peu.

C’est parti pour une course de 45 minutes, un aller-retour du parc Jeanne-Mance au sommet. J’avance à la vitesse d’une tortue sur les pistes traîtresses. J’essaie un sprint. Rien à faire. Je cours sur place tel un personnage de bande dessinée. Tant pis pour les sprints, on va se concentrer à survivre à cette épreuve.

Au parc des Castors, je croise une ribambelle d’enfants qui s’amusent à glisser sur les flancs de la montagne – ou de la grosse colline, c’est au choix. Ah, ça y est, les cellules nerveuses de mes fesses ne répondent plus. Je me surprends à envier les costumes de neige rose bonbon des jeunes glisseurs, ceux dans lesquels ont avaient si chaud étant enfants. Pourquoi est-ce que je crevais toujours de chaleur quand j’étais petite, et que maintenant je suis constamment gelée? C’est l’âge ? Non, c’est probablement la mode…

J’accélère la cadence. C’est la seule chance que j’ai de me réchauffer. Je croise d’autres coureurs. J’ai envie de leur crier : «Voulez-vous bien me dire c’est quoi Western union online l’idée?» Mais je me contiens. Ils ont tous l’air tellement sereins. Tiens, celui-là a un gros sourire dans la face. Ça m’énerve. Suis-je vraiment la seule à ne pas du tout apprécier cette expérience ?

Le sommet, enfin. Vite, je fais le tour du pavillon pour éviter les forts vents. J’attaque la descente. C’est toujours plus agréable, la descente. Ça fait plus de vingt minutes que je cours. J’ai le haut du corps réchauffé, mais tout ce qui se situe en bas de la ceinture et en haut des épaules est congelé. Oh seigneur, même mes yeux sont frigorifiés. Ça va pas ben.

Vers la fin de la piste, je croise Félix, mon entraîneur, qui a fait une partie du trajet à pied. Lui aussi a l’impression d’être un Mr Freeze. Je marche le reste du trajet avec lui. Entre desserts glacés, il faut se serrer les coudes.

Se faire couper l’eau sous le nez

À force de marcher, mon haut du corps en sueur commence à avoir froid. Pour m’éviter une fâcheuse pneumonie, on prend le transport en commun jusqu’au centre sportif. Je grelotte, mais je suis prête à affronter la piscine. L’eau chlorée m’apparaît soudainement comme chaude et accueillante.

Mon élan est toutefois freiné lorsque j’apprends que la piscine est fermée entre 14h et 16h. Il est 13h45. Miséricorde. Je n’avais pas prévu les heures d’ouvertures impossibles de la piscine. Honnêtement, est-ce que ça couterait vraiment plus cher de payer deux employés pendant deux heures de plus ? J’ose croire que non.

L’épreuve de la piscine tombe donc à l’eau. J’ai un sens de l’humour exceptionnel. Je me précipite vers les douches. Je reste de très longues minutes sous l’eau semi-bouillante et je vide pratiquement le réservoir d’eau chaude de l’UQAM.

Demain, on rattrape l’épreuve piscine d’aujourd’hui, on se soumet à de nouveaux défis hivernaux et on tente de résister à boire de l’alcool dans un party. Y’en aura pas de facile…

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