LE COBAYE « À L’EXCÈS » !

vendredi 14 mars 2014 7:00
Crédit photo: Andréanne LeBel

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Dans le coin gauche, Francis Pilon. Jeune universitaire récemment déménagé dans la métropole, il carbure aux aliments fancy et pas forcément santé. Dans le coin droit, Anaïs Brunelle, végétalienne assumée qui résiste à l’appel de la malbouffe et du gluten. Pour cet ultime combat, les deux universitaires devront faire le tout pour le tout et échanger de régime alimentaire pour une journée. Qui d’entre eux saura tenir une journée entière sans tricher?

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Crédit: Andréanne LeBel

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Moi et les végétaux, on s’aime plus trop

Les plats congelés, le Saint-Kraft-Dinner-des-étudiants et les grilled cheese sont devenus une seconde nature pour moi. Et ce, depuis mon déménagement qui m’a amené à couper le triste cordon ombilical avec la nourriture maternelle qui est gratuite, granola et sans tracas.

Francis Pilon

Certes, des fois, j’aime me réincarner en Josée di Stasio. Enlever la poussière de mes chaudrons. Sortir mes gros couteaux dangereux. Dieu sait que les couteaux à beurre font assez amateur et croyez-moi, Gordon Ramsay n’aimerait pas. Finalement, je me fais à croire que je cuisine aussi bien qu’elle et au point d’en faire baver Ricardo. Rêver, c’est beau.

Je suis un groupie de fromage, de sushis et de café latté avec de beaux motifs sur le top. Malheureusement, pour la prochaine journée, ma vie d’étudiant pauvre avec nutrition luxueuse devra être bannie. Au menu : des sandwichs végétaliens, du ragoût de lentilles aux courgettes, du couscous aux pêches, tout ce qui est constitué de légumes et de fruits seront donc mes meilleurs amis. Je dis Adieu – en chantant la chanson tristounette et culte de Coeur de Pirate du même nom – à tous les dérivés d’animaux et tout ce qu’ils produisent est banni de mon nouveau régime.

Je ne sais pas pourquoi, mais la journée a mal débuté. Mon déjeuner, constitué de tartinades d’arachides et de mûres fraîchement achetées chez l’épicier, me semblait assez saint pour tout bon végétalien. Surprise, mon ami joue à l’enquêteur et démasque un taux de 30 insectes par 100 mg dans le crémeux mélange sur ma toast. Sa source pas trop fiable: un blogue sur les internets créé probablement dans le fond d’une cave par une geek atteinte d’entomophobie. La bible du végétalien ne mentionne rien sur le sujet. Par contre, d’après la zoologie, ces bibites sont considérées comme des petits animaux. Mon repas matinal s’est tristement avéré un échec à mon insu.

Sept heures du matin et ma tête est remplie d’idées déconnectées à ma routine. Étant loin d’être un sportif de haut niveau élite universitaire, j’ai décidé de remettre en marche ma carcasse inactive depuis mon entrée aux études supérieures. Tant qu’à faire un défi santé, j’ai décidé de me gâter. Université, bière et début de bedaine de bière s’enchaînent de façon assez chronologique durant mon parcours scolaire. Premier constat, l’odeur du plastique et de la sueur des gymnases ne me manquaient pas. Deuxième constat, mon format corporel se dissocie de la masse matinale beaucoup trop motivée à s’entraîner à cette heure précoce. Troisième et final constat, je ne pouvais plus courir après 15 minutes et je sentais que ma toast au beurre d’arachides et aux insectes allait refaire surface.

Pour dîner, pas le temps de niaiser. J’arrête dans un comptoir à sandwich. Je demande le végétarien sans beurre, sans mayonnaise et sans une de ces sauces asiatiques douteuses dont le contenu est quasiment toujours inconnu. Le résultat: aussi sec qu’un bout de bois! L’heure du souper arrive. Au menu, couscous aux pêches et salade de lentilles. Dégoûté, j’attends que mon ventre soit affamé avant d’avaler une bouchée. Même si mon estomac criait famine, j’ai été incapable d’avaler plus du tiers de mon assiette.

La solution, j’ai attendu comme Cendrillon les douze coups de minuit pour revenir à ma véritable nature. Et devinez la première chose dans laquelle je me suis empiffré en tant que carnivore assumé? Des sushis. Traumatisme au lendemain du défi, moi et les végétaux, on s’aime plus trop.

Crédit: Andréanne LeBel

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Une frite c’est bien, mais 1000 c’est mieux

1-Je voudrais remercier Francis Pilon de m’avoir permis de m’empiffrer comme une folle sans me sentir coupable.

2-Après mûre réflexion, je voudrais dire à Francis Pilon qu’il va payer pour toutes les calories inimaginables que mon estomac a dû ingérer.

Anaïs Brunelle

Il est 10h00. J’arrive pour déguster mon smoothie vert. Merdouille. Un amateur de malbouffe, ça n’ingurgite pas ce genre de truc. Changement de plan : Je vais aller me faire servir au restaurant. Je regarde le menu, à la recherche de l’assiette la plus grosse de l’univers. La serveuse prend ma commande : deux œufs, patates, double dose de pain avec une grosse crêpe bretonne. Jamais, au grand jamais, je n’ai vu une fille me dévisager à ce point. J’ai honte. Mon assiette fait le double de celle de mon chum, mais bon. Tu es cobaye ou tu ne l’es pas! J’ai tout mangé comme une grande, ma maman serait fière de moi. (Petite tape dans le dos ici, question de me féliciter).

L’heure du dîner a sonné. Misère. Mon ventre n’a pas ressenti l’appel. Je me demande bien pourquoi. Je fouille dans le garde-manger et je tombe sur une perle rare : une boîte de Kraft Dinner et un sac de croustilles, des Ruffles assaisonnées.  Wow, je suis en business! À la première bouchée, je me suis rappelé pourquoi je n’ai jamais tripé sur cette affaire-là (dans mon livre à moi, du Kraft Dinner, c’est à des lunes d’être considéré comme de la nourriture). C’est LA chose la plus chimique EVER, surtout accompagnée d’une boisson gazeuse. Mon assiette est vide. (…) Bon ok, petit mensonge blanc comme on dit. Il restait une ou deux bouchées, pas plus. J’avais trois options :

1.         ARRÊTER !

2.         Finir mon assiette, tsé… pour avoir droit à mon                       dessert.

3.         Vomir.

J’ai donc opté pour la première. De toute façon, la première idée est toujours la meilleure, non?

18h00. Mon frigo regorge de bons aliments santé. Malheureusement, mon congélateur est là pour me rappeler que ma pizza congelée m’attend. Et non pas une pointe, mais LA PIZZA AU COMPLET, sans oublier mon fameux Ginger Ale. Comme je suis chanceuse aujourd’hui.

J’étais supposée terminer avec un gâteau aux bananes, garni à souhait de crémage, mais j’ai dû décliner l’offre, sinon je signalais mon arrêt de mort. Cause : trop plein de «dégeulassité» dans le corps. My god. Cette journée me fait perdre mon français. Elle doit tirer sa révérence.

Je roule sur moi-même jusqu’à mon ordinateur, pour écrire ces quelques mots. Un petit conseil à la maison : n’essayez jamais ce type d’alimentation. Je suis une professionnelle. Une grosse professionnelle, qui se remet aux fruits et aux légumes pas plus tard que demain matin. La joie!


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