Virage à gauche

vendredi 11 avril 2014 3:00

Je plains bien les souverainistes de ma génération. Incarnant autrefois l’identité et la fierté québécoise ainsi que les valeurs progressistes, le Parti Québécois a mal vieilli. Obnubilé par l’idée de faire la souveraineté et de créer des conditions propices, il a commencé à courtiser la droite et est allé jouer dans les platebandes du PLQ et de l’ADQ/CAQ au point d’y rester englué.

Au moment où j’écris ces lignes, je ne sais pas pour qui les gauchistes et les progressistes vont voter le 7 avril prochain. Évidemment, être de droite n’exclut pas de facto les valeurs sociales, pas plus qu’être souverainiste ne signifie être de gauche. Mais placé devant son bulletin de vote, que peut choisir le traditionnel électeur gauchiste et souverainiste?

Inévitablement, la gauche devra se trouver un autre terreau si elle délaisse le PQ. Alors qu’il semble effectuer un virage à droite consacré par l’arrivée de PKP dans ses rangs, nombreux sont ceux qui songent de plus en plus sérieusement à voter orange. Souverainiste, de gauche, vierge du pouvoir politique, un combo gagnant?

Ils sont toutefois plusieurs à croire que voter Québec Solidaire signifie diviser le vote ou voter inutilement. À cela je réponds: cessons de voter stratégique et votons authentique, pour en finir du cynisme. Si notre système électoral était semi-proportionnel, les députés de Québec Solidaire à l’Assemblée nationale seraient beaucoup plus que deux, soit 1,6% des députés, contrairement aux 8 à 10% qu’ils vont continuellement chercher dans les intentions de vote. Si Québec Solidaire représentait un dixième de nos élus, considéreriez-vous encore ce parti comme inutile ou marginal?

Tout est question de perception. Avec un scrutin semi-proportionnel, les cartes seraient rebrassées. Fini la dualité PQ-PLQ, la CAQ et QS gagneraient probablement plus de sièges et ON cesserait peut-être d’être carrément inexistant. Devant (l’apparente) incapacité de la classe politique à se renouveler d’elle-même, peut-être devrions-nous réformer le système.

Audrey Neveu, Rédactrice en chef

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