À une verge d’un premier essai

samedi 12 avril 2014 2:00
Crédit photo: Laurent Duvernay-Tardif

Crédit photo: Laurent Duvernay-Tardif

Sous-estimés par leurs voisins américains, les espoirs québécois doivent se donner corps et âme pour tenter de faire leur place dans les rangs professionnels.

Par Alexandre Couture

Le chemin menant à la Ligue nationale de football (NFL) est ardu pour n’importe quel jeune joueur, mais se révèle particulièrement difficile pour les Québécois. Ceux-ci doivent travailler d’arrache-pied pour avoir la chance de se faire valoir aux côtés des espoirs américains scrutés à la loupe depuis l’école secondaire. Si aucun joueur du Québec n’est parvenu à se démarquer dans la NFL à ce jour, les choses pourraient bien changer avec Laurent Duvernay-Tardif.

Le natif de Mont-St-Hilaire domine le circuit universitaire de football à la position de joueur de ligne offensive depuis près de deux ans. S’alignant avec les Redmen de l’Université McGill, il a raflé toutes les distinctions personnelles possibles, dont le trophée J-P.-Metras, qui récompense le meilleur joueur au pays à sa position. L’étudiant en médecine se retrouve dans une situation enviable, alors que plusieurs équipes de la NFL s’intéressent à lui. La possibilité de se faire réclamer au prochain repêchage est de plus en plus réaliste. Son entraîneur-chef ne tarit pas d’éloges pour son footballeur étoile : «C’est probablement le meilleur joueur de ligne offensive de l’histoire du programme de football de McGill», affirme Clint Uttley.

Celui qui est son instructeur depuis la saison 2011 parle d’une «progression incroyable». Il affirme d’ailleurs que Laurent Duvernay-Tardif pourra avoir un impact considérable dans la NFL lorsqu’il aura atteint son plein potentiel. En plus d’exceller sur le terrain, Laurent étudie en vue de devenir médecin et a obtenu une moyenne de 3,9 sur 4 depuis son entrée à l’université. Bien qu’il ait un emploi du temps extrêmement chargé, le Québécois de 23 ans parvient tout de même à concilier sport et études. «Je n’ai pas de secret miracle, il suffit d’être très bien organisé, mentionne-t-il. Maintenant, avec tout ce qui arrive avec le sport, je me concentre à 100% sur le football.»

Le syndrome de l’imposteur

Cinq ; le nombre de joueurs québécois faisant partie du club sélect ayant participé à au moins une partie de la NFL depuis le début des années 2000. De ce nombre fait partie Jean-Philippe Darche, qui a eu la chance de participer au Super Bowl XL avec les Seahawks de Seattle en 2006. Pour l’ancien spécialiste des longues remises, les Québécois qui tentent leur chance de l’autre côté de la frontière doivent travailler deux fois plus fort pour faire leur marque. «On te fait sentir que tu viens d’une classe inférieure de football, c’est très intimidant», explique-t-il.

Du côté de Laurent Duvernay-Tardif, vedette des Redmen qui aspire à la NFL, il est primordial de ne pas souffrir de complexe d’infériorité par rapport aux joueurs américains. Il a récemment participé à la Classique Shrine, camp d’évaluation qui regroupe une centaine d’étoiles provenant pour la plupart d’institutions de la National Collegiate Athletic Association (NCAA). «C’était important pour moi de m’imposer physiquement dès le premier jour, question de gagner le respect des autres joueurs», ajoute le colosse de 6 pieds 5 pouces. Ce dernier a su impressionner les recruteurs par ses capacités athlétiques, mais surtout par la confiance qu’il dégageait.

Selon Jean-Philippe Darche, c’est justement par l’aspect mental que passe la réussite. «La clé pour performer dans cette ligue est de rester constant en tout temps, que ce soit lors des parties ou des entrainements, soutient le jeune retraité de 39 ans. Il faut aussi être capable de prendre les critiques sans broncher, car il est rare que les joueurs reçoivent le crédit qu’ils méritent.» Il s’est lui-même entretenu avec Laurent Duvernay-Tardif pour lui expliquer comment cela se passait, notamment du côté business.

Tout près du rêve américain

Poursuivant son entrainement intensif à Knoxville au Tennessee, le meilleur espoir du prochain repêchage de la Ligue canadienne de football (LCF) a décidé de tenir une journée d’évaluation privée à la fin du mois. Ce pro day lui permettra de démontrer toute l’étendue de son talent à des représentants de 32 formations de la NFL et des 9 équipes de la LCF.

Que ce soit en médecine ou en football, l’avenir de Laurent Duvernay-Tardif est assuré. S’il parvient à faire sa marque dans la NFL, il serait non seulement l’un des premiers Québécois à accomplir cet exploit, mais sa détermination et sa persévérance auraient de quoi inspirer les jeunes footballeurs du Québec qui souhaiteraient à leur tour accéder au grand circuit américain.

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