Jour 5: Douloureuse finale

lundi 9 janvier 2012 12:34

Notre cobaye pour la deuxième parution annuelle de l’Esprit Simple, Camille Carpentier, prend de bonnes résolutions : après un temps des Fêtes plein de gras, de sucre et d’alcool, elle entreprend une cure de remise en forme d’une semaine. Suivez son parcours chaque jour de la prochaine semaine.

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Hier soir, il m’est arrivé une chose horrible. Je suis allée chez des amis qui organisaient un souper festif. Les plats étaient succulents, les convives de bonne compagnie. Je me sentais bien, jusqu’à ce qu’un des hôtes débouche une bouteille de vin et m’en offre. «Désolée, que je lui ai dis, je ne peux pas.» Il a insisté, j’ai refusé. Il m’a observé sévèrement et tous les invités se sont tus et m’ont percée de leur regard.

Soudain, sans que je puisse me défendre, ils étaient tous sur moi tels des animaux, forçant le liquide dans ma gorge. «Ici, on boit du vin !», qu’ils criaient. J’étais sans défense. J’ai dû avaler un verre, puis un autre. J’avais beau leur crier que je n’avais pas le droit, que c’était contre mon régime, rien n’y faisait. C’était terrible.

Heureusement, grâce à une ruse d’une subtilité désarmante, j’ai réussi à m’esquiver juste avant le dessert. J’étais libre, mais j’avais honte. J’avais brisé mon pacte de remise en forme. Mais on m’a forcée ! Je vous jure…

Aujourd’hui, cinquième et dernier jour de remise en forme, c’est le moment idéal pour racheter mes péchés (involontaires, je vous le promets) de la veille. C’est aussi le moment de faire le bilan de ma nouvelle condition physique. Je sens soudain que mon honneur est en jeu. Si je fais une moins bonne performance qu’au début de la semaine, ce sera la honte.

Je suis de retour au parc Maisonneuve avec mes deux coaches en chef, Émilie et Catherine. On commence par les tests de musculation. Je refais exactement les mêmes exercices, et voici mes nouveaux records :

Push-up (de gars!…) : 35
Set-up : 50
Planche (contraction du bas du dos) : 2 minutes 30 secondes
Flexion des triceps : 40

Résultats du début de la semaine:
Push-up (de gars!): 29
Redressements assis: 48
Planche (contraction bas du dos): 2 minutes 15 sec.
Flexion des triceps: 35

J’ignore si je suis vraiment en meilleure forme ou si c’est mon orgueil qui m’a donné de la force, mais qu’importe, j’ai battu toutes mes performances initiales.

Quand le mental en prend plein la gueule

La deuxième partie de l’entraînement final consiste en un triathlon hivernal personnalisé : vingt tours de patinoire, exercices de pilâtes et course à pied. Le tout chronométré, pour que je me dépêche un peu. Patins aux pieds, j’espère intérieurement que ma technique s’est améliorée. Vingt tours me paraissent longs sur cette patinoire bondée.

Et longs ils furent. La patinoire est noire de monde en ce beau dimanche après-midi et je remarque que la glace a souffert de cet achalandage. Je dois faire attention à la surface raboteuse, aux jeunes et moins jeunes qui peinent à tenir sur leurs patins et aux familles qui s’arrêtent en plein milieu de la piste. Je suis rapidement énervée par tous ces gens et après dix tours j’ai déjà hâte d’en finir avec cet exercice qui, mine de rien, en demande beaucoup à mes jambes.

Trente minutes plus tard (!) c’est terminé. Ouf. Je me dépêche de me rendre au chalet et d’enlever mes patins. J’ai mal aux cuisses et aux fesses, mais je suis prête pour la suite. J’appréhende tout de même le pilâtes, ma dernière expérience douloureuse toujours bien gravée dans ma mémoire.

J’ai eu raison d’être sur mes gardes. Sur le dos, les jambes en l’air, j’ai l’impression de vivre le martyr. Mes abdominaux ne veulent plus rien savoir et m’abandonnent, les écœurants. Le calvaire se poursuit. Saute en l’air et couche toi par terre le plus rapidement possible. Refais ça trente fois. Dès le troisième bond, je veux mourir. Le sol glacé n’est pas de mon bord non plus. J’ignore comment ça se produit, mais je survis. C’est fini ! Non, il reste la course. Ah, c’est bon, ça sera pas trop difficile, que je me dis. Erreur majeure.

Dès que je me mets en route, je sais que je n’accomplirai jamais les dix tours de piste exigés. Ce n’est pas que je suis essoufflée, ce sont mes muscles qui n’en peuvent plus. Le patin et la musculation ont eu raison de moi. J’ai beau avancer lentement, chaque enjambée est un enfer en soit. Ma motivation en prend un coup. Mon mental commence à me lâcher pour la première fois de la semaine. Je n’ai plus envie de bouger, je veux m’écraser par terre et pleurer comme une gamine.

Mes coaches ont dû voir la détresse dans mon visage, parce qu’elles m’accordent le droit de ne faire que cinq tours. Ils sont longs ces foutus tours, mine de rien. Je continue de courir malgré moi. Au final, je ne complète que quatre tours. Wô les nerfs, je ne suis pas une athlète olympique. Mon temps total pour ce triathlon mortel : près d’une heure et dix minutes. Ouch. C’était brutal. Je ne suis pas déçue d’avoir fini.

En rentrant chez moi, je songe à toutes les sucreries, les collations, les tasses de cafés et l’alcool que je vais pouvoir savourer en toute légalité dans les prochains jours. Bonjour le retour des bonnes habitudes… Chose certaine, du moins, je commence la session en pleine forme, bien dans ma tête et dans mon corps. Quelle belle conclusion.

Ici se terminent mes aventures de cobaye. Surveillez la prochaine parution de l’Esprit Simple à la fin du mois de janvier. D’ici là, bonne remise en forme !

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