Les cours en ligne tueront-ils les universités?

mardi 15 avril 2014 9:00
Crédit: spartacusxx

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Au Québec, les cours universitaires en ligne sont maintenant plus populaires que jamais ces dernières années. La compétition avec les universités régulières est réelle : les cours à distance iront-ils jusqu’à tuer les universités?

Par Samuel Lachaine 

Au Québec, la TÉLUQ, la télé-université des cours en ligne de l’Université du Québec, créée en 1972, est le principal réseau pour les étudiants en formation à distance.  Chaque année, environ 370 cours différents, dont quatre programmes de baccalauréat, deux programmes de maîtrise et un de doctorat, sont offerts à près de 18 000 étudiants. Parmi ces étudiants nouveau genre, 71 % sont du sexe féminin et 64 %  sont âgés de 35 ans et moins. En 2014, le gouvernement n’a pas offert de budget pour investir dans le développement de ce réseau.

Selon le professeur en informatique de la TÉLUQ, Daniel Lemire, l’université traditionnelle reste encore populaire en raison de sa conformité. «Les étudiants apprennent, dès leur plus jeune âge à s’asseoir dans une salle de cours, à écouter plus ou moins passivement, ainsi qu’à arriver et à quitter à des heures fixes, rappelle-t-il. Et même si beaucoup d’emplois sont encore basés sur un modèle industriel, il faut bien dire que des pans de la société abandonnent ce modèle.»

Plusieurs personnes considèrent qu’il y a un lien entre l’immense popularité des cours en ligne et les développements des technologies mobiles. Le vice-président des affaires politiques de l’AÉTÉLUQ, Simon Marchand, est de cet avis. «Je pense que c’est l’arrivée de la technologie et plus spécifiquement de la technologie mobile dans le quotidien qui ouvre la voie aux cours en ligne et à la formation à distance», déclare-t-il. Ce dernier considère que la proximité avec les technologies est possiblement la cause principale. «Cette plus grande proximité avec la technologie rend probablement la population plus confortable avec l’apprentissage en ligne», admet-il.

Selon le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail (CCHST), les cours en ligne permettraient néanmoins une plus grande facilité d’apprentissage. Par exemple, pour une personne qui comprend moins bien une partie du cours, elle peut passer plus de temps sur celle-ci pour s’assurer d’assimiler correctement le contenu complet du cours. Daniel Lemire ajoute que même quand les cours sont diffusés en salle, les étudiants bénéficient de plus en plus de services en ligne, comme l’accès aux notes de cours et autres informations en ligne. De plus, les élèves font une croix sur les coûts de déplacements, la plupart des livres se retrouvent sur Internet et il faut penser que les frais d’études universitaires sont pratiquement les mêmes. Le professeur d’informatique y voit un autre avantage en lien avec les cours en ligne. «On peut penser que les cours en ligne peuvent être plus sains pour l’environnement, ne serait-ce que parce qu’ils permettent de réduire les transports en voiture», assure-t-il.

Difficile pour un étudiant de compléter à temps plein une formation sur le Web puisque plusieurs cours manquent à l’appel. Alexandre DiTullio, un étudiant de l’UQAM qui fait ses études en ligne en informatique, explique que pour obtenir son baccalauréat, il faut avoir à faire directement avec l’université. «Un cours peut proposer un site Web très riche en contenu, mais d’autres nécessitent de la pratique, ce qui ne se fait pas en ligne», soutient-il. Les cours en ligne ne sont pas aussi utiles pour les étudiants en études supérieures, car ces derniers doivent absolument faire affaire avec les universités pour suivre les cours qui leur manquent.  Aussi, les cours à distance nécessitent une grande autonomie chez les étudiants qui veulent avancer rapidement. «Pour les personnes qui ont sans arrêt besoin d’explications supplémentaires, les cours en ligne ne sont peut-être pas la meilleure solution», ajoute-t-il. Il est donc important pour chacun de considérer qu’il faut posséder une bonne autogestion.

Le vice-président des affaires politiques de l’AÉTÉLUQ, Simon Marchand, ne considère pas nécessairement que les cours en ligne soient une menace pour les universités. «Je pense que c’est un modèle qui prendra plus de place, qui se développera et s’enrichira par l’intégration de nouvelles technologies et qui attirera de plus en plus de personnes, explique-t-il. La formation en ligne ou à distance fait appel à des profils spécifiques. Ce n’est pas pour tout le monde et je ne pense pas que ça le sera un jour.» Dire que les cours en ligne sont une menace pour les universités se veut de ce fait très exagéré pour l’instant. «Par contre, c’est certainement une façon d’apprendre qui séduira de plus en plus d’étudiants», conclut-il.

2 Comments

  • Bonjour Samuel,
    je tiens à apporter une précision, je suis vice-président aux affaires politiques de l’AÉTÉLUQ et non de l’université 😉

    • Bonjour M Marchand

      Nous avons apporté la correction à votre titre dans l’article, veuillez nous excuser pour la petite confusion.

      Je vous remercie,

      Audrey Neveu, rédactrice en chef

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