Prier pour ne pas perdre la tête

lundi 28 avril 2014 7:27

 

Lundi midi. Je suis assise à une table au deuxième étage du pavillon Judith-Jasmin et je sirote tranquillement mon chocolat chaud encore brûlant. Je songe à mon petit frère que je vois de moins de moins avec le temps. Je me dis qu’il serait peut-être temps de lui lâcher un coup de fil pour prendre de ses nouvelles. Pratiquement au même moment, mon cellulaire sonne. C’est lui. Il m’annonce qu’il a fait une commotion cérébrale pendant sa compétition provinciale de snowboardcross la veille. Sa deuxième de la saison.

Au moment de l’impact, il a perdu conscience pendant une trentaine de secondes et se retrouve maintenant avec des douleurs au cou et des maux de tête. Le médecin l’a empêché de pratiquer toute activité physique pour les deux prochaines semaines. Il me confirme donc qu’il manquera notre match de soccer hebdomadaire le mardi soir suivant. Au plus profond de moi, je suis complètement déchirée. J’ai déjà écrit sur les commotions cérébrales dans le sport, j’ai fait des recherches pour comprendre à quel point c’était dangereux pour le cerveau, encore plus chez les jeunes. Dans certains sports, il y a des améliorations possibles. Comme au hockey ou au football, où nombreux sont les gestes qui pourraient être évités.

Mais dans ce cas-ci, je ne sais pas quoi penser. Le snowboard est un sport extrêmement risqué quand on y pense. Se lancer du haut d’une pente et la dévaler à toute allure. Très audacieux, j’en conviens. Mais c’est là l’essence même de ce sport. Alors comment peut-on empêcher un tel incident de se produire? On n’a pas vraiment de contrôle là-dessus. Chaque fois que je regarde mon frère dans les yeux, je vois cette passion qui l’allume. Cette passion pour un sport qu’il pratique depuis si longtemps et pour lequel il a mis tellement d’efforts afin de se rendre aussi loin. Jamais je ne voudrais voir cette flamme s’éteindre en lui, car je sais que ce sport est une des choses qu’il aime le plus au monde.

Je me sens inutile. Inutile de ne pas pouvoir le protéger plus que ça. Tout ce que je peux faire, c’est prier pour ne pas que ça lui arrive. Ou du moins que ça ne lui arrive plus. Le sport est peut-être une des plus belles choses qui puisse exister sur cette terre, mais parfois, il est aussi ce qu’il y a de plus effrayant.

Justine Roberge, chef de pupitre Sports

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