La guerre, la guerre, c’est pas une raison pour oublier

lundi 17 novembre 2014 7:00
Crédit : Andrea Valeria

Crédit : Andrea Valeria

«Notre gouvernement a le devoir de protéger les Canadiens et de mettre l’épaule à la roue pour contrer les menaces comme celle que présente l’EI. Nous devons faire notre part», laissait entendre le premier ministre Harper lors de son feu vert pour une intervention militaire en Irak afin de lutter contre le groupe armé État islamique (EI).

Par Jean-Philippe Proulx

Le Canada perd ainsi de jour en jour, depuis l’élection du gouvernement conservateur, le statut envieux de pays pacifique que nous avions autour du globe. Jadis, le Canada répondait présent du haut de ses Casques bleus dans bon nombre de missions de paix de l’ONU. Nous étions passés maîtres dans nos efforts sur l’aide humanitaire. Notre soutien pourrait être considérable au niveau du transport aérien, de l’établissement de l’État de droit, de la sécurité ou de la formation des policiers. Nos valeurs les plus profondes ont longtemps été celles représentant la paix et l’entraide. Depuis, on oublie et on veut protéger, sans foi ni loi.

Selon un récent sondage Radio-Canada/EKOS, une majorité de Canadiens, même au Québec, semble avoir laissé derrière le pays libéral que nous avons déjà été. Nous ne voulons pas céder à la menace. Nous voulons donc imiter notre voisin du sud, sans trop savoir s’il s’agit là de la meilleure solution, ou sans savoir où cette guerre nous mènera réellement. La guerre en Irak en est une sans fin. Nous y avons cru en 1990, ils y ont cru en 2003, nous y avons cru en 2014. N’apprend-on jamais?

***

Toujours dans le but de protéger les Canadiens, le ministre fédéral de la Sécurité publique dépose un projet de loi prévu depuis des mois qui permettrait entres autres, des mesures plus rapides de révocation de la citoyenneté ou de réduire le seuil qui permet aux forces de l’ordre d’arrêter de manière préventive une personne représentant une menace pour la sécurité nationale. Il semble tentant pour les conservateurs de brimer les droits des individus au nom de la sécurité du pays. Les récents événements contre des soldats nous ont rappelé que des gens à risques avaient besoin d’aide psychologique. Si un débat autour de frappes aériennes fait rage actuellement au pays, il serait grand temps d’ouvrir des discussions autour de l’aide à fournir aux gens en détresse à l’intérieur du Canada. Avant de prévenir ce qui pourrait hypothétiquement se passer, il faut d’abord penser à le guérir.

Leave a reply

required

required

optional