Lorsque virginité est synonyme de liberté

mardi 18 novembre 2014 7:15

En Albanie, certaines femmes ont décidé de vivre comme des hommes, en faisant vœu de virginité pour atteindre une meilleure qualité de vie.

Si l’Europe a souvent été à l’avant-garde des mouvements socialistes, l’Albanie accuse un retard énorme en ce qui concerne les droits des femmes. Dans une société où elles sont la propriété de leur mari, certaines femmes choisissent de délaisser leur identité à tout jamais. Portrait de ces burneshas qui ont préféré la liberté à la maternité.

Par Jasmine Legendre

L’Albanie est une société où les hommes ont tous les pouvoirs, notamment celui politique. Selon l’anthropologue et présidente de l’association Pour les droits des femmes du Québec, Michèle Sirois, le patriarcat est une forme d’oppression universelle des femmes. Elle explique que les hommes sont vulnérables, car ils dépendent des femmes pour se reproduire et c’est un pouvoir irremplaçable. Ils reprennent leur supériorité en les contrôlant au niveau sexuel, physique et social. Le but est de dévaloriser la femme selon plusieurs stéréotypes. En Albanie, cette pratique est encouragée par un code de lois coutumier, le Kenan, qui prend position sur des enjeux sociétaires. Selon le secrétaire général de l’Association Albania en France, Loran Biçoku, c’est un système de lois médiévales qui définit tout le cadre de vie.

 

Le secrétaire général explique que le phénomène de vierges jurées se produit principalement dans des régions isolées montagnardes puisque ce sont des endroits très pauvres et difficiles d’accès. «La chute du régime communiste a entraîné un changement de paradigmes, raconte Loran Biçoku. Depuis la nouvelle constitution en 1998, les femmes devraient être au même pied d’égalité que les hommes, mais l’instabilité au niveau politique fait en sorte que ces nouvelles lois ne sont pas toujours appliquées.» Des possibilités aussi anodines que conduire une voiture ou  fumer la cigarette sont interdites aux femmes. Elles sont plus enclines au chômage, et la violence domestique continue de faire des ravages. «L’État essaie toutefois de se faire plus présent là où règne le Kenan, pour contribuer à la diminution du nombre de burneshas», assure-t-il.

 

N’ayant personne pour hériter, certaines familles perdaient tout avec la maladie ou la vieillesse. Devant l’impuissance et l’injustice, des femmes abandonnaient leur genre pour accéder à tous les droits. Elles prenaient non seulement le titre d’homme, mais adoptaient leurs caractéristiques physiques. Les burneshas se coupaient les cheveux et assimilaient les gestes et postures du mâle en plus de faire la promesse de ne pas avoir d’enfant en de rester chaste.

 

Crédit : Miklos Vincze

Depuis août, treize états européens ont affirmé vouloir lutter contre la violence faite aux femmes sur l’ensemble du continent. Ils s’engagent à condamner les fautifs et à instaurer de meilleurs recours pour les femmes battues.

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