La peur au ventre

mardi 18 novembre 2014 9:00
Crédit : Andrea Valeria

Crédit : Andrea Valeria

Par Marie-Audrey Perron

La mise en ondes, le 19 août, d’une vidéo montrant la décapitation du journaliste américain James Foley a créé un tollé d’indignation mondial. Moins de deux mois plus tard, l’assassinat d’Allan Henning n’aura amené que très peu de la révolte mise en place par les premières décapitations. À croire que l’être humain a un taux d’acceptation inné face à l’horreur ; un meurtre, comme le disait Joseph Staline, est un drame. Au-delà, cela ne devient malheureusement qu’une statistique.

Les groupes terroristes dépendent de la peur. Leurs menaces ne sont effectives que parce qu’un dirigeant occidental les prend au sérieux. Lorsqu’ils se sont aperçus que les décapitations ne restreindraient pas les frappes, ils ont usé d’autres stratégies, menaçant de s’en prendre directement aux habitants des pays membres de la coalition anti-État islamique. Rusé. Si les Occidentaux ne sont plus à l’abri chez eux, où va le monde ?

Non pas que la tactique soit différente pour le recrutement. Les terroristes sont montés au pouvoir après la disparition des dictateurs tels que Sadam Hussein. Libres de prendre le pouvoir et de liquider ceux qui s’y opposaient ; libres d’offrir, du haut de leur fortune, une alternative à ceux qui meurent de faim au Moyen-Orient. Les faits le prouvent : la majorité des djihadistes proviennent des régions les plus pauvres.

La peur de la mort incite à combattre. Elle incite aussi à se défendre.

C’est pourquoi il faudra plus que des bombes pour réussir à combattre efficacement les terroristes. Il faut reconstruire au lieu de détruire : c’est un véritable remaniement de leur gérance et de leur idéologie qui devra être effectué, si la coalition anti-État islamique espère un jour en finir avec les menaces. Aussi longtemps que la crainte sera reine au coeur du Moyen-Orient, les pays de l’Est devront s’attendre à une révolution.

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