Résolutions éternelles

jeudi 19 janvier 2012 1:00

Par Émilie Bergeron, rédactrice-en-chef de l’Esprit Simple

Je vais vous faire une confidence. Cette année, j’ai manqué de quelque peu le décompte du nouvel an. Manqué le champagne, les bises, les «tout ce que tu désires…la santé, la famille, l’amour». J’ai aussi manqué les appels. Je n’avais pas de réseau.

Pour tout dire, il faut accuser la sieste traitresse. Elle fut plus longue que prévu. C’est elle qui m’a mise en retard. Et donc, aux douze coups de minuit, j’étais en route pour les festivités; j’attendais le métro, seule. À part quelques badauds éméchés qui se sont mis à crier au loin, rien. «Bon ben, bonne année, la grande», que je me suis dit. «Au moins, t’es pas  devant la télévision en train d’écouter le Bye Bye», me suis-je consolée.

Une quinzaine de minutes plus tard, j’avais rejoint mes copains. Je faisais le bise, flûte de champagne à la main et j’avais déjà presqu’oublié l’incident. Le reste de la veillée fut fort agréable. Tout cela pour dire, oui j’ai manqué le fatidique décompte 2012, mais jusqu’ici, aucun grand malheur ne s’est abattu sur moi.

Le jour de l’an, ces dernières années, me déprime. Va savoir pourquoi. Parce que la fin du monde approche, me direz-vous? Oh, s’il vous plaît, ne me parlez pas de fin du monde.  Le jour de l’an me rend morose, au même titre que le jour de mon anniversaire. Quand t’es jeune, t’as bien hâte à ta fête, comme t’as bien hâte d’être «grand». Toutefois, quand t’es rendu «grand», c’est une autre histoire. Vieillir, ce n’est plus excitant, ça fait peur. La peur de manquer de temps pour accomplir tout ce qu’il y a à accomplir. La peur de ne rien avoir accompli encore. La peur de  ne pas savoir quel bilan dresser de cette énième année de vécu.

Ah, voilà ce qui m’agace tant dans le changement d’année : les bilans. Les bilans qui te rappellent constamment que le temps a filé sans même que tu le réalises. Qu’un an s’est écoulé déjà, sans que tu puisses dire ce qu’il en reste vraiment.

Ce qui m’agace, c’est de me réveiller le lendemain et de réaliser qu’il n’y a rien de vraiment nouveau. C’est d’ouvrir le journal pour y voir tous les nouveaux sondages qui y sont sortis sur l’année qui vient de se clore. C’est de me connecter sur Facebook et de voir tous ces gens qui publient leur premier statut de 2012.

Finalement, ce qui me désespère à chaque fois, c’est de réaliser que je reprends les mêmes résolutions que l’année dernière.

Tout de même, je vous souhaite, à tous et à toutes, une merveilleuse année!

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