Le multiplateforme cogne à la porte du cinéma

samedi 22 novembre 2014 7:00
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Crédit : Paul Howzey

 Distribution du cinéma indépendant

La vidéo à la demande et la location de films en ligne s’inscrivent comme les nouveaux modèles de la distribution du cinéma indépendant québécois.

Par Sarah Daoust-Braun

 

Le visionnement des films indépendants en salle de cinéma est en décroissance depuis plusieurs années. Le public se tourne alors vers de nouvelles plateformes de distribution télévisuelles et numériques, telles qu’Illico et iTunes. À défaut d’être diffusées dans les salles, les productions indépendantes se doivent de migrer sur celles-ci, qui leur sont plus profitables et leur promettront un plus grand auditoire.

La fréquentation des salles de cinéma enregistre des baisses, selon l’Observation de la Culture et des Communications du Québec. En 2012, le taux d’occupation dans les cinémas québécois était de 12 % en moyenne. «La très grande majorité du visionnement des films se fait autrement que sur des écrans de cinéma», explique le professeur en télévision à l’UQAM, Pierre Barrette. L’arrivée du cinéma maison, l’augmentation des coûts et la multiplication de l’offre culturelle sont quelques facteurs qui influencent la décision d’aller en salles. «Maintenant, l’idée de sortir au cinéma correspond aux films qui ont avantage à être vus sur grand écran, ajoute le spécialiste. Ce sont les blockbusters, les films en 3D, grosso modo le genre de films qui ne se produit pas au Québec.»

Les films indépendants devront migrer vers d’autres plateformes comme la vidéo sur demande à la télévision ou la location de films en ligne. «Si on regarde les tendances fortes, le cinéma québécois, aussi bien que le cinéma indépendant international, vont se retrouver à être presque exclusivement vus sur ces plateformes-là», soutient Pierre Barrette. Toutefois, côté rentabilité, l’exploitation en salle reste plus économique. «Pour le moment, il n’y a pas de chiffres et de résultats qui sont vraiment probants», juge la directrice du distributeur indépendant Les Films du 3 Mars, Anne Paré. «Depuis un an, on a vu une montée, sur Illico par exemple, ou même sur notre plateforme maison de location en ligne, indique-t-elle. Il y a quatre achats par semaine, alors que l’année passée, c’était un achat par deux semaines. Il y a une augmentation, mais c’est très local.»

Aux États-Unis, où la distinction entre les films hollywoodiens et indépendants est plus marquée, les modèles de diffusion se modifient. La distribution multiplateforme, où un film peut être offert à la fois en salle, a fait son apparition il y a quelques années en vidéo sur demande et en ligne. «Il y a un avenir à l’échelle mondiale pour ça, précise Pierre Barrette. On est en train de sortir d’un ancien système où il faut rentabiliser le film au maximum à chacune des étapes.» Par contre au Québec, ces nouvelles plateformes ont une faible visibilité auprès du public. «La diffusion en salle reste très importante puisque ce qui se retrouve sur le web ou sur Illico ne bénéficie d’aucune publicité», affirme l’expert.

La migration vers de nouvelles plateformes de distribution au Québec demeure récente, mais le modèle tend progressivement à s’imposer à l’international. «Il reste qu’un bon film, c’est un bon film, peu importe la plateforme», résume le président-directeur du Cinéma Beaubien, Mario Fortin.

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