Du rêve d’enfant à la réalité

vendredi 16 janvier 2015 6:30

À une époque où les enfants doivent à tout prix devenir adulte, certains continuent de vivre au rythme de leur passions d’enfance. Ensemble, ils réalisent leur rêve en collectionnant une quantité phénoménale de figurines et modèle réduits, envers et contre tous.

Par Cloé Bergeron

Histoire de jouets 

Paul Morin accumule les voitures de collection dès ses 40 ans. C’est à 12 ans que son père lui fait découvrir cet univers et fait naitre cette passion en lui. «Quand t’es jeune, il y en a qui aiment les pistolets, d’autres les arcs, mais moi c’était les automobiles», se rappelle Paul Morin. Arrivé à la quarantaine, il se met à collectionner les petites voitures pour son fils, comme son père l’a fait pour lui.

Paul Morin possède aujourd’hui plus de mille modèles réduits de collection. «Quand on avait la maison, ça ne dérangeait pas ma femme, mes voitures étaient dans le garage», ajoute l’homme de 75 ans. La passion du septuagénaire n’a jamais été un problème pour son épouse même si celle-ci ne partage pas l’amour de son mari pour les automobiles. Elle ne souhaite donc pas vivre entourée de son immense collection. «Maintenant qu’on a vendu la maison, je n’ai plus l’espace nécessaire pour les garder, se désole le collectionneur. Je pourrais les mettre dans le salon ou dans la cuisine, mais elle ne veut pas.»

Pour faire plaisir à sa femme, Paul Morin a décidé de se départir de sa précieuse collection. Depuis qu’il est retraité, il possède son petit kiosque au marché aux puces et y vend à contrecœur ses modèles réduits. «Je pourrais les vendre sur internet, mais je préfère voir la réaction des gens quand ils voient les automobiles», raconte celui qui préfère voir la joie sur le visage des enfants qui viennent avec leurs parents. Se défaire de sa collection le rend très ému. «À chaque vente, j’ai un petit pincement au cœur», dit-il ému.

Crédit : Evelyn Giggles

Autre collection, même passion 

La passion de Benoit Dubé s’est éveillée alors qu’il travaillait dans une boutique vendant des figurines à l’effigie de ses personnages favoris. «J’aimais ça quand j’étais petit, mais travailler là m’a permis d’en faire une passion», raconte celui qui se rappelle son premier boulot étudiant. Son sous-sol est dédié à celle-ci, ses figurines et ses objets de collection y sont fièrement étalés. «J’ai essayé de recréer l’ambiance de la boutique ici, rappelle Benoit Dubé d’un ton nostalgique. Je voulais pouvoir admirer ma collection en travaillant et me rappeler le bon vieux temps.» Sa fille de 7 ans compare le bureau de son père à un véritable magasin de jouets.

La passion de Benoit Dubé est présente dans toutes les sphères de sa vie, incluant le travail. «En général, les gens qui travaillent dans une compagnie d’assurance décorent leur bureau avec une ou deux photos de famille, fait remarquer le quadragénaire. Moi, j’ai une affiche de Star Wars dans mon bureau et des figurines de quelques personnages célèbres sur le coin de mon classeur. Ça met de la couleur et de la vie entre quatre murs gris. C’est un peu hors du commun, mais mes collègues aiment ça.»

Bien que sa fille et ses collègues apprécient la passion de Benoit Dubé, ce n’est pas le cas de tous. «Après avoir divorcé, mon plus gros problème pour trouver une nouvelle conjointe n’était pas d’avoir un enfant, à 36 ans c’est commun, c’était d’avoir plus de jouets qu’elle qui posait problème.» Au cours de sa recherche pour l’âme sœur, Benoit Dubé a rencontré quelques femmes pour qui sa passion sortait un peu trop de l’ordinaire. Quand il parlait de sa fille aux femmes, elles trouvaient ça adorable. Mais lorsque sa passion faisait surface dans la discussion, elles trouvaient ça étrange. Elles le regardaient comme s’il provenait de l’empire galactique. «Je sentais qu’elles n’étaient pas très enthousiastes. Heureusement, j’ai réussi à trouver une femme qui aime mon côté un peu geek.»

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