Fierté

vendredi 16 janvier 2015 7:30

Crédit : Andrea Valeria

Une vague de dénonciations d’agressions sexuelles au Québec a démontré l’ampleur d’un phénomène souvent occulté. Dans la foulée de l’affaire Gomeshi, le mot-clic AgressionNonDénoncée lancé par la Fédération des femmes du Québec a en effet connu un succès saisissant.

Par Noémie Laurendeau 

Briser le silence des victimes, le but premier de la Fédération québécoise a été manifestement atteint. Le mouvement d’ouverture et de solidarité a démarré la discussion sur ce sujet tabou. L’objectif de déconstruire la culture de viol, quant à lui, demeure très complexe à mener à terme. Le refoulement sexuel des femmes, fréquemment engendré par la répression ou la peur, est une réalité qui en découle également.

Aux détracteurs de l’expression « culture du viol », offensez-vous plutôt qu’une femme sur quatre et un homme sur dix soient violés avant l’âge de 18 ans. Indignez-vous également que seulement 10 % de toutes les agressions sexuelles soient dénoncées. Dans ce contexte, quelles sont les solutions mises en œuvre à la suite de ce mouvement de dénonciations? Y a-t-il eu des améliorations réalisées dans l’aide aux victimes d’agressions sexuelles? Quelles actions le gouvernement entreprend-il pour conscientiser la population?

Il y a quelques semaines, alors que la poussière de ce soulèvement était retombée, j’ai été victime de cette réalité sociale. Mon amie et moi avons été droguées au GHB, plus communément appelé la drogue du viol. Bien que notre agresseur n’a pas complété son intention criminelle, les dommages physiques et psychologiques demeurent. Pour éviter que celui-ci répète ce geste, les autorités policières ont pris le relais dans cette affaire. Sans vouloir m’épancher sur cet événement, dénoncer publiquement est certainement un pas dans la bonne direction. Il est évident que de mettre des visages et des noms à des statistiques permet d’humaniser une situation.

Parce que la culture du viol c’est aussi d’avoir honte lorsqu’on se fait agresser au point de se taire durant des années, voire à jamais. Parce qu’on vit encore dans une société qui enseigne aux femmes de se méfier de leur verre plutôt que dénoncer l’acte barbare de droguer autrui. C’est donc avec fierté que je dénonce cette culture du viol et que je m’engage à dénoncer tout ce qui l’encourage.

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