Désillusion

mardi 20 janvier 2015 8:30

Crédit : Andrea Valeria

 

Par Catherine Lamote 

D’aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours estimée privilégiée d’être née dans un pays comme celui-ci.

 Il n’est pas question ici d’idéaliser le Canada, ni le Québec, mais force est d’admettre que j’ai grandi dans un pays s’affichant haut et fort comme étant ouvert, accueillant, avec une culture et une identité forte.

Adolescente, j’ai applaudi devant la légalisation du mariage entre personnes de même sexe; j’ai aussi grimacé, des années plus tard, devant les manifestations contre le mariage pour tous en France, songeant que chez moi, une telle fermeture d’esprit serait impensable. J’ai été étonnée devant la crainte des américains face à la mise en place d’une assurance maladie prise en charge par l’État, et j’ai été drôlement fière de raconter, lors d’un récent voyage en Europe, l’existence d’une tolérance peu commune à l’égard des autres cultures dans mon pays. « Chez moi, c’est bien mieux », ai-je chaque fois pensé fièrement.

Sans doute ai-je été trop naïve, mais depuis quelques mois, le pays qui m’a vu faire mes premiers pas m’enchante drôlement moins. Les actualités nationales des dernières semaines m’ont laissées un goût amer. Les récents attentats à Saint-Jean-sur-Richelieu et Ottawa ont enclenchés une vague d’islamophobie inégalée ; à mon grand désarroi, les blagues de mauvais goût sur les « maudits arabes-musulmans-terroristes » ont d’ailleurs déferlées dans mes partys de Noël. J’ai aussi été glacée d’effroi devant toutes les coupures du gouvernement, en particulier celles affectant la société Radio-Canada. Pendant qu’on concentre nos énergies à se taper dessus et à mépriser des gens à cause de leurs croyances, on coupe sans broncher dans notre culture, nos systèmes d’éducation et de santé. L’indifférence, l’ignorance et l’intolérance ne m’ont jamais semblées aussi alarmantes.

Je souhaite qu’on unisse nos forces plutôt que se diviser, afin de pouvoir mettre un terme à ce carnage qui ne nous mènera nulle part. Je nous souhaite plus que tout autre chose un pays à notre image, un pays qu’on sera fiers de présenter comme étant « chez nous ».

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