Procréation en manque d’assistance

samedi 17 janvier 2015 7:00

Crédit : Andrea Valeria

Par Jean-Philippe Proulx

Le projet de loi 20.

Pour plusieurs, le projet de loi 20 sur la procréation assistée n’est qu’une aiguille dans la botte de coupes et de refontes exercées par le gouvernement Couillard. Avant même de critiquer la logique d’austérité dans laquelle s’inscrit ce projet, il est utile de rappeler que le Québec figure au sommet du palmarès des taux de natalité les plus bas en Occident, au même moment où les taux d’infertilité ne cessent de croitre.

Comment se fait-il donc qu’on n’hésite pas à sabrer dans un programme qui faisait la renommée du Québec à l’international, prouvé pour être le meilleur traitement qui soit pour les femmes infertiles, en plus de contribuer à donner meilleure figure à son taux de natalité?

Sans même remettre en question les frais engendrés par les avortements ou vasectomies. Mais lorsqu’on accepte de payer pour de multiples vasectomies sur un même homme, ne serait-il pas logique, par un simple souci d’égalité des chances, qu’on tente également par tous les moyens de donner la possibilité à un couple de mettre au monde un enfant? Certes, le programme, qui représente 0,2 % du budget total du Québec, est coûteux. Certes il y a eu des dérives, comme dans tout programme déjà existant.

Pourtant, la hache de guerre semble être la seule arme dont s’est doté le ministre pour sa réforme. Selon le ministre Gaétan Barrette, même si leurs médecins disent le contraire, les femmes deviendront maintenant périssables. À 42 ans, il leur deviendra dorénavant impossible de recourir à la procréation assistée. Même si ces familles veulent payer tous les frais engendrés par les traitements, donc de surcroit, investir dans notre société. Ce sera maintenant illégal. Ce n’est plus un contrôle plus serré des finances publiques, il s’agit ici d’un contrôle du corps des femmes par l’État.

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