L’éthique d’algorithmes détectant l’humeur

mardi 24 mars 2015 9:30

Crédit : AJC1

Facebook a dernièrement bousculé les utilisateurs de la Toile et utilisé des algorithmes pour évaluer l’état sentimental de ses utilisateurs. Une fois l’humeur détectée, Facebook a manipulé le fil d’actualité présenté à ses utilisateurs pour ensuite mesurer à nouveau l’humeur de ceux-ci et en observer les impacts.

Par Dahlia Jiwan

Facebook a, de par ce geste, soulevé un questionnement au niveau de l’éthique quant à la manipulation du compte de ses utilisateurs. Le conseiller, conférencier et spécialiste en stratégie web et médias sociaux, Martin Lessard, ne semble pas être inquiet par cette pratique. «Facebook n’a pas fait une découverte significative, dit-il référant à l’impact des algorithmes. Nous sommes bel et bien influencés par notre environnement et ce n’est pas révolutionnaire que des entreprises telles que Facebook manipulent nos émotions». La différence se retrouve plutôt au niveau du média utilisé. Le spécialiste en stratégie web et médias sociaux rappelle ainsi que nombreuses sont les techniques de marketing cherchant à influencer le public. Facebook le fait simplement à travers une plate-forme web.

Martin Lessard explique que les utilisateurs ont un certain contrôle sur les médias sociaux. Malgré cette théorie de dépendance envers les médias sociaux, s’il est possible de fermer une page Facebook, il n’est toutefois pas possible de faire disparaître les publicités à l’extérieur de notre domicile. De plus, il se prononce sur les limites de l’analyse Big Data. «Ce sont des données que nous devons prendre avec un grain de sel pour plusieurs raisons. En effet, les algorithmes ne sont pas encore en mesure de détecter le sarcasme des utilisateurs ce qui peut, à différent niveau, fausser les données», ajoute-t-il.

Des compagnies telles que Nexalogy fondent l’intégralité de leurs entreprises sur ces données et l’analyse de celles-ci. «Des ententes directes avec les dirigeants de médias sociaux et ces compagnies permettent ceux-ci d’avoir accès à nos données et de les analyser», fait remarquer Martin Lessard.

Crédit : Sean-MacEntee

 

Des données à l’usage limité?

Professeur à la faculté de sociologie à l’Université du Québec à Montréal, Frédéric Parent, considère que l’exclusivité d’accès des données des utilisateurs de médias sociaux aux compagnies privées est un problème social. Frédéric Parent se prononce sur ces données qu’il considère commerciales. «L’étude de ce monde virtuel est limitée et la seule utilisation faite de ces données s’avère commerciale. Ces données sont exploitées par des parties privées de façon quasi exclusive, déplote-t-il. Les sociologues n’ont pas accès à ce domaine d’étude. Cet espace virtuel reste fermé à l’étude sociologique». Il demeure toutefois optimiste sur le développement de l’accès de ces données. «On peut voir un certain vent d’ouverture avec des organisations telles que WikiLeaks qui permet un accès public aux données ou aux problèmes reliés à ces platesformes web».

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