Intouchable?

mardi 24 mars 2015 9:00

Crédit : Andrea Valeria

 

Par Noémie Laurendeau

En Occident, on regarde ailleurs puis on se considère chanceux de vivre dans un tel espace de liberté. C’est vrai, nous sommes privilégiés d’avoir évolué notamment dans les soixante dernières années. Au Québec, nous avons construit un état providence qui offre des services sociaux créant ainsi un filet social tout en protégeant nos libertés individuelles.

C’est donc facile de croire que notre situation favorisée est immuable et que nous sommes intouchables. Toutefois, se croire invincible et tenir pour acquises nos avancées, c’est de la véritable folie. En effet, les politiques néolibérales des dernières décennies et austères de l’actuel gouvernement détériorent ce modèle québécois. Alors que je vois les programmes sociaux se faire saccager et privatiser, je me rends bien compte que ça ne prend pas beaucoup pour changer une société.

Au-delà des conséquences néfastes sur notre économie et des attaques répétées sur les classes démunies et la classe moyenne, c’est le quasi-consensus occidental autour de cette idéologie qui est inquiétant. À l’aube d’un printemps de contestation populaire, les délimitations de nos sociétés dites démocratiques et libres seront dévoilées et remodelées. Tester ces limites et tenter de les repousser sont un excellent moyen de vivifier la démocratie. Toutefois, les dirigeants en profitent généralement pour étendre davantage leur pouvoir.

Le règlement municipal P6 en est un bon exemple; adopté en 1969 il y a eu des ajouts dans la foulée de la grève étudiante de 2012. Les arrestations de masse des dernières années se sont donc effectuées avec l’article 2.1 qui exige la divulgation du lieu ou de l’itinéraire d’un attroupement dans un endroit public alors que l’article 3.2 interdit quant à lui le port du masque.

La Ville de Montréal a récemment abandonné les charges contre des milliers d’arrêtés en attente de procès. Prouvant ainsi que plusieurs imprécisions dans le règlement ont donné un pouvoir démesuré et arbitraire aux policiers. Le règlement toujours en vigueur rappelle tout de même que même dans notre société où la liberté d’expression est encouragée, remettre en question le pouvoir et les fondements du système économique est férocement réprimé.

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