D’encre et de sang

jeudi 26 mars 2015 12:30

Crédit : Andrea Valeria

Par Marie-Audrey Perron

Quelque part dans le livre – ne me demandez pas où – le grand héros de 50 shades of Grey propose une relation sexuelle à sa pendante féminime, qui lui dit «non». Un «non» qui se répercute en écho partout dans le monde, dit par des femmes réelles, de chair et d’os, qui se font violer, mutilée, assassiner.

J’avoue : je ne suis pas intéressée par 50 shades of Grey. Déjà, le livre compte 11 des 14 signes d’une relation abusive telle que décrite par SOS femmes. Il présente à une multitude de jeunes femmes une relation basée sur l’autorité, une violence qui n’est jamais totalement approuvée par l’héroïne, et surtout, un control freak total. Qu’un homme piste votre téléphone pour savoir où vous êtes, ce n’est pas touchant, c’est glauque.

Et ça existe, partout dans le monde. Dans plusieurs pays arabes, une femme ne peut pas sortir seule, il faut absolument qu’un homme de sa famille l’accompagne. Touchant, que Christian Grey ne veuille pas qu’Ana conduise sa voiture pour sa sécurité ? Pas vraiment. Pas quand des milliers de femmes se voient interdire le volant, en Arabie Saoudite. Elle dit non à une relation sexuelle ? Pas très grave, au final ! Allez dire ça aux femmes victimes de viols collectifs en Inde. À celles qui ont été excisées et pour qui une pénétration devient un cauchemar. Elles auraient probablement un tout autre point de vue. Monsieur Grey se fâche parce que sa conjointe décide d’aller travailler? C’est drôle, il existe au moins 15 pays, dont la Bolivie, la Guinée et le Koweit, dans lequel les femmes ne peuvent avoir un boulot sans l’autorisation de leur mari.

La réalité, c’est que même si les conditions féminines dans les pays occidentaux se sont largement améliorées au cours du dernier siècle, l’oppression reste présente. Les neufs pays avec le moins bon indicateur de développement humain selon le sexe féminin se retrouvent en Afrique et au Moyen-Orient. Je ne sais pas si Christian mérite Ana. Mais je sais que les femmes du monde entier méritent 50 nuances de gré.

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