Le lièvre contre la tortue

dimanche 3 janvier 2016 8:30

Sébastien Gervais

Les athlètes professionnels reviennent de façon générale très rapidement après une blessure, comparativement aux sportifs amateurs. 

Par Gabriel Guénette 

Les athlètes sont souvent blessés, c’est inévitable avec leur métier. De longues périodes d’absence sont normalement demandées pour qu’ils puissent bien récupérer, mais elles sont souvent devancées.

Les athlètes ont une convalescence plus courte en général. C’est tout le contraire pour 9 % des sportifs amateurs québécois qui, selon les chiffres colligés par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), se blessent chaque année.

Selon la physiothérapeute Geneviève Grenier, le facteur métabolique change énormément la donne. «La guérison est certainement plus rapide si la personne blessée a une meilleure alimentation et une meilleure hygiène de vie», explique-t-elle. Par hygiène de vie, elle englobe le fait de ne pas fumer et de s’entrainer régulièrement.

Anthony Gingras, un joueur de hockey de 20 ans évoluant dans la Ligue junior majeur du Québec (LHJMQ) pour les Tigres de Victoriaville, s’est blessé à la hanche et cinq mois après son opération, il était déjà sur patin pour jouer à nouveau. Comme l’explique Geneviève Grenier, le fait que celui-ci s’entrainait hors glace à la base a aidé à sa récupération.

Ce n’était pas nécessairement le cas de Samuel Bourbonnière, sportif amateur. Ayant subi la même blessure qu’Anthony, sa remise en forme a été plus longue. Il a eu besoin d’un an après son opération avant de recommencer à jouer au baseball. Avant sa blessure, ce dernier pratiquait son sport, mais il n’avait pas de programme d’entrainement en dehors, en plus d’être fumeur.

Geneviève Grenier insiste sur l’importance de la motivation pour une bonne récupération. Par expérience, elle sait très bien que les athlètes sont plus assidus lorsqu’ils font leurs exercices contrairement aux sportifs amateurs. Cette plus grande détermination s’explique, selon elle, par l’impact de la blessure sur la vie du sportif. En d’autres mots, un athlète blessé n’est pas en mesure de pratiquer son sport et d’aider son équipe, en plus de ne pas pouvoir hausser son niveau de jeu. Ainsi, elle constate que l’effort est plus présent pour cette raison.

Lors de sa blessure, Anthony Gingras s’est entrainé pour ne pas perdre sa progression, particulièrement au bas du corps, et il voyait un physiothérapeute une fois par semaine. Un kinésiologue spécialiste de la remise en forme le voyait deux à trois fois par semaine et l’aidait à faire des exercices de réadaptation qui nécessite une aide particulière. «C’est à peu près ça que j’ai fait de mon été», affirme en rigolant le joueur de hockey.

À l’époque, rien ne pressait Samuel Bourbonnière. Il pouvait continuer son emploi étudiant et l’école. Il n’a donc pas eu recours, comparativement au joueur des Tigres, à un physiothérapeute. Il s’est donc entraîner seul et moins régulièrement.

Soutien aux athlètes

Geneviève Grenier indique que les sportifs amateurs n’ont pas besoin de progresser autant dans leur sport que les athlètes. «[Les sportifs amateurs] n’ont pas nécessairement ce besoin urgent de se rétablir de leur blessure, sauf s’ils font un travail manuel, souligne-t-elle. Toutefois, les gens n’aiment pas nécessairement leur travail, ce qui diminue la motivation.»

La spécialiste ajoute que la remise en forme chez l’athlète professionnel est souvent plus facile étant donné qu’il a un meilleur contrôle de son corps. Elle donne l’exemple d’un claquage à la jambe, subi par un sprinteur. Cette blessure demandera des exercices en puissance qui forceront l’athlète à travailler davantage sa jambe blessée. Elle spécifie que ce dernier travaille déjà beaucoup en puissance lors de ses entrainements pour améliorer sa vitesse. «On peut aussi prendre l’exemple d’une gymnaste et de sa stabilité, qui sera meilleure que toute autre personne», enchérit-elle.

Anthony Gingras confie qu’il travaillait beaucoup ses jambes pour améliorer son coup de patin et son accélération avant sa blessure. De plus, lors de son rétablissement, le kinésiologue qu’il consultait observait le bon positionnement de son corps et la bonne exécution des exercices. Samuel a quant à lui embauché un entraineur, suite à sa blessure, qui lui a confectionné un entrainement pour développer les muscles de ses jambes.  Toutefois, il ne lui a pas apporté un support au niveau de l’exécution.

Geneviève Gingras complète en spécifiant que certains petits détails peuvent faire une différence: «Normalement, suite à une blessure, un thérapeute apporte des soins d’urgence à la personne blessée, explique-t-elle. Une série de techniques simples et efficaces peuvent faire la différence entre un retour rapide aux activités et une blessure qui traîne longtemps.»

Lorsqu’il s’est blessé, Anthony avait aussi à sa disposition un soigneur embauché par l’équipe des Tigres qui pouvait l’aider à cibler sa blessure et lui donner des traitements rapides, ce que Samuel n’avait pas lorsqu’il pratiquait son sport, épaulé seulement par des entraineurs bénévoles.

Même s’ils reviennent au jeu rapidement, les athlètes gardent généralement certaines séquelles liées à leur blessure. «Mon chirurgien m’a dit que je devrais avoir encore des douleurs. [La douleur] devrait revenir comme des hauts et des bas, mais à long terme, ça devrait faire moins mal.», conclut Anthony.

Leave a reply

required

required

optional