La myopie du confort

mardi 16 février 2016 2:15

Par Matisse Harvey

C’est par l’entremise d’une étroite lorgnette que nous entrevoyons les conflits politiques sévir au Proche-Orient. Et c’est surtout avec un œil dubitatif que nous tentons de comprendre certaines sociétés qui sont aux antipodes de notre pensée occidentale. D’où nous sommes, nous n’avons pas véritablement à nous battre pour défendre nos droits fondamentaux, car d’autres générations ont tracé le chemin bien avant nous.

À l’autre bout des 10 000 kilomètres qui nous séparent de ses frontières, l’Arabie saoudite figure parmi l’un de ces pays dont les mœurs regorgent de paradoxes. Une société à la fois ultramoderne, mais archaïque en matière d’égalité des sexes. Pour la première fois de son Histoire, le pays a vu en 2009 une femme, Noura al-Fayez, se hisser parmi les élus en devenant vice-ministre de l’Éducation féminine. Pourtant, ladite politicienne ne peut conduire un véhicule dans son propre pays. Tout comme voyager à l’étranger sans l’aval d’un tuteur légal. Autre paradoxe?: les femmes peuvent entreprendre des études supérieures, mais sont inexorablement écartées au profit d’un homme quand un poste se présente.

On peut aussi s’interroger sur cette forme d’hypocrisie politique lorsque le président français François Hollande a choisi de se rendre aux funérailles du roi Abdallah en janvier 2015. De la même façon que la présence du souverain saoudien à la marche en soutien aux Français suite aux attentats survenus à Charlie Hebdo.

Pendant ce temps, dans notre Québec douillet, nous restons à la fois révoltés et impuissants devant ce tableau qui dépeint un triste apartheid des sexes pour la gent féminine.

Leave a reply

required

required

optional