Spiritualité accompagnée

mercredi 4 mai 2016 11:23

La spiritualité est un sujet sensible dans notre société laïque d’aujourd’hui. Pour plusieurs Québécois, élevés dans cette laïcisation, plusieurs questions restent sans réponse. Pourquoi sommes-nous sur Terre? Y a-t-il une vie après la mort? Est-ce que Dieu existe? C’est là que les coachs spirituels entrent en scène. Leur travail est d’accompagner des gens qui souffrent dans leur quête de spiritualité et de sens à la vie. Un travail méconnu, souvent mal compris, et qui se décline en une multitude d’applications.

Par Laurence Vachon

Samuel Lamoureux

Selon Agathe Raymond, être coach spirituel, c’est «la lecture des liens karmiques, […] des mémoires cellulaires, des aptitudes, des blessures» de ses clients. Elle les accompagne dans la compréhension de leur «mécanisme de fonctionnement», c’est-à-dire de tout ce qui les fait agir et ressentir. Elle éclaire les gens sur leur mission sur Terre grâce à un don bien particulier, celui d’avoir des «antennes vibratoires puissantes» qui lui permettent de sonder l’âme de ses clients.

L’approche d’Agathe Raymond est particulière puisqu’elle s’appuie uniquement sur ce don lorsqu’elle fait des «coachings». Elle croit que son travail est quelque chose d’inné, une capacité naturelle chez elle. Il y a actuellement peu, voire aucune règlementation dans cette profession. Une situation logique pour Mme Raymond, car il s’agit d’une profession du domaine spirituel, qui ne demande pas de formation mais bien un «don» particulier pour le pratiquer.

Cette «capacité d’aller lire dans l’inconscient», propre à Mme Raymond, l’a mené à aider les gens à changer de comportements et à cheminer vers une vie plus sereine, sans ressentir le besoin de se doter de diplômes, pourtant disponibles dans le milieu. La dame, originaire de Saint-Sauveur, offre ses services de coaching en douze séances, répartis sur douze mois, où elle fait une lecture de l’âme afin d’expliquer à ses clients d’où proviennent leurs maux. Ceux-ci découlent généralement de la vie antérieure du client, qui se retrouve paralysé émotionnellement dans sa vie actuelle. Ce type «d’abonnement» peut sembler incongru dans un domaine aussi sensible et complexe que la spiritualité, mais selon Agathe Raymond, qui pratique depuis 30 ans, c’est ce qui est le plus efficace.

Pour Robert Vézina, qui exerce pour sa part le métier depuis 2006, être coach spirituel, c’est plutôt d’accompagner les clients qui ont des questions sur leur spiritualité. Ces questions sont, selon lui, beaucoup reliées au bonheur intérieur et au «pourquoi vit-on». Il dit se baser sur ses connaissances en spiritualité et sur ses formations en «coaching» pour accompagner ses clients et trouver des réponses. «Il y a beaucoup de gens qui s’improvisent coach qui n’ont aucune formation, explique Robert Vézina. Ils y vont avec leurs croyances.» Pour ceux qui recherchent un coach spirituel, il croit donc qu’il est primordial de s’assurer du professionnalisme du coach et de son expérience, afin d’être bien accompagné.

Toutefois, la formation varie considérablement. Robert Vézina, par exemple, a d’abord suivi une formation de programmation neurolinguistique (PNL) à l’Institut Coaching International, à Laval; une formation critiquée par certains, car elle ne serait pas prouvée scientifiquement. Il a également approfondi ses connaissances en spiritualité grâce à l’Institut International de Métaphysique Appliquée, à Val-Morin. «Il y a beaucoup de gens qui essaient de faire du coaching spirituel en étant connectés à des archanges ou des anges, mais de là à accompagner des gens qui recherchent leur spiritualité et de les amener à croire ou à vivre en fonction de ce que tel archange ou tel maître illuminé leur dit, moi je n’embarque pas», tranche-t-il.

Robert Vézina préfère également laisser la liberté à son client de choisir le nombre et la fréquence des visites.  «En coaching spirituel, il faut qu’il y ait une connexion. Je ne peux pas dire à la personne qu’elle s’engage pour x nombre de rencontres, fait-il savoir. Peut-être qu’elle ne m’aimera pas la face, peut-être qu’elle n’aimera pas ma façon de fonctionner. Après ça, c’est à eux de voir.» Il suggère tout de même trois rencontres rapprochées pour amorcer une démarche.

Ces deux visions du coaching spirituel, bien opposées dans leur application, témoignent de la liberté possible dans la pratique de ce métier.?Entre le psychologue qui traite la maladie mentale et le clairvoyant qui prédit les événements futurs, le coach spirituel garde pour la majorité de la société un rôle nébuleux. Cependant, les deux coachs rencontrés sont catégoriques à ce sujet?: le coaching spirituel est un domaine à part. Considérant le contexte de la pratique du coaching spirituel, le client doit rester alerte et bien cerner ses besoins afin d’avoir recours à un coach spirituel adapté. Le coaching spirituel, à mi-chemin entre la science et la spiritualité, est encore loin d’être une science exacte.

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