Baptême de foule

mercredi 4 mai 2016 2:57

Camille Pednault-Parent 

Je me souviens quand j’étais jeune et que ma bonne amie d’enfance m’amenait avec elle à l’église le dimanche. Ou quand ma mère m’a demandé de participer à la chorale de l’église de mon quartier pour la messe de la fête des mères. Ou de la fois où j’ai fait tous mes sacrements de communion…

Les jeunes d’aujourd’hui, on ne prie plus ou presque pas. On ne va pas à l’église, sauf peut-être pour le mariage d’un cousin. Pourtant, il fût un temps, l’église rassemblait le monde. Peu importe la religion, les gens allait à la messe pour remplir leur devoir de citoyen, mais aussi pour prendre des nouvelles de monsieur-madame-un-tel.

C’était l’endroit où, pour un moment, on pouvait tous faire quelque chose ensemble sur la même longueur d’onde, en même temps, en communion.

Cette communion n’a heureusement pas été perdue avec la responsabilité forcée d’aller à l’église. On peut la vivre en d’autres moments, avec le même esprit rassembleur. C’est vrai! On se rassemble dans les festivals, dans les salles de concert ou de théâtre, dans les bains de foule.

Dans une salle de spectacle, le bon vieux curé est remplacé par l’artiste, les fidèles sont les followers. On ne demande plus la dîme, on achète des billets. On sermonne en chœur les paroles des chansons, les mains au ciel. Et on en ressort le cœur accompli.

Pendant l’heure et demie ou à peu près devant notre artiste chéri, on aura partagé un instant de communion.

Cette idée peut s’appliquer également aux stades de sport à guichets fermés, comme au Superbowl, où chaque fidèle prêche pour sa paroisse. Il n’y a rien de religieux dans la communion. Il faut simplement être ensemble et la vivre ensemble.

Mes sacrements ne me serviront probablement jamais à rien. Je ne chante plus dans les chorales et je ne vais plus à l’église, même pas à l’occasion. Je préfère les salles de spectacle.

Amen.

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