Dans nos vieilles pantoufles

vendredi 1 juillet 2016 12:26

Par Jasmine Legendre 

19:30. Un dimanche soir tranquille. Ouvrir la télé. «Voyons voir ce qu’il y a d’intéressant.» On déchante vite. Au programme: un spectacle d’humour de 2001, ICI Laflaque ou Belle et Bum, qui, je soupçonne, repasse le même épisode chaque semaine depuis sa mise en ondes en 2003.

Se replier sur l’ordinateur. Tomber par hasard sur Les brutes, la nouvelle mouture Web de Lili Boisvert et Judith Lussier qui propose un regard neuf, journalistique et drôle sur des sujets actuels comme la censure sur Facebook. Penser à vouloir se désabonner de Vidéotron.

Alors que la programmation télévisuelle stagne dans son conservatisme, trois petits clics de souris et on déniche du contenu divertissant et novateur. On parle constamment de l’Ère numérique et de l’importance des médias d’information de se renouveler afin de ne pas se faire avaler par le Web, mais la télévision mériterait, elle aussi, un changement de paradigmes. Stéphane Baillargeon titrait récemment son article du Devoir «À quoi sert Radio-Canada?». Financée en partie par les contribuables canadiens, la télévision d’État proposait récemment un «nouveau» concept, Les échangistes, qui s’est plutôt avérer l’émule d’une énième émission estivale «de vedettes». Une fois encore, Pénélope McQuade interview des artistes déjà très médiatisés.

Chaque année, des dizaines d’acteurs, animateurs et journalistes sortent des écoles et ont des projets à proposer. Pourtant, leurs élans créatifs se retrouvent sur le Web parce que le système télévisuel québécois ne semble pas oser prendre le risque de leur tailler une petite place dans leur programmation. Ils préfèrent une nouvelle version des Pays den haut, c’est plus sécurisant… Malheureusement, cela fonctionne puisque les Québécois passent en moyenne 15 heures devant leur téléviseur et seulement 1h12 à regarder du contenu en ligne révélait La Presse en janvier 2015.

Est-ce qu’on peut alors parler d’abrutissement collectif quand même la télévision d’État peine à renouveler son contenu depuis les 15 dernières années ? Demain, essayons de troquer Marina Orsini contre Lili Boisvert à l’animation d’une quotidienne, juste pour voir.

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