Zoom sur la relève

vendredi 1 juillet 2016 1:07

En politique, tant au niveau provincial que fédéral, on remarque une baisse de participation de la part de la jeune génération. Ce désintérêt serait causé par un manque d’implication de la part des jeunes, mais aussi par des préjugés qui empêchent ceux-ci de se tailler une place dans nos gouvernements.  

Par Laurence Vachon

L’âge moyen d’un député à l’Assemblée nationale du Québec est de 52 ans. Au niveau fédéral, il est de 51 ans. À Québec, il y a plus de députés de 60 ans qu’il y en a de moins de 40 ans. Ces statistiques témoignent d’un clivage marqué entre les générations et à une représentation inadéquate de la société au Parlement.

Jiuguang Wang

«On n’a pas assez de jeunes en politique, affirme le député péquiste depuis 1976, François Gendron. Il manque de femmes et il manque de jeunes, c’est clair. En politique, il faut refléter le tissu social.» Une idée appuyée par Xavier Barsalou-Duval, 27 ans, élu pour la première fois au Bloc Québécois à l’élection fédérale d’octobre 2015. Ce dernier affirme qu’il se sent parfois comme une minorité visible au Parlement en raison de son jeune âge. Ce qui ne l’empêche pas de foncer et d’avoir des projets d’envergure : le député songe à se présenter à la chefferie du Bloc Québécois en 2017. Le fait de s’impliquer en politique, pour un jeune, montre selon lui un exemple pour les autres, qui sont entraînés dans un effet «spirale».

Le manque de jeunes en politique est difficile à expliquer, mais les valeurs dites «planétaires» seraient une partie de la réponse, selon François Gendron. «Quand tu t’intéresses au monde entier, ça devient plus difficile de voir quels changements tu peux apporter dans ta communauté, au niveau local», ajoute-t-il. Pour attirer les jeunes en politique, la collaboration est de mise entre les baby-boomers et la génération Y. Toujours selon lui, il ne s’agit pas d’une compétition entre les âges, mais plutôt d’une alliance qui doit se faire entre «l’expérience» des uns et «l’énergie» des autres. La notion de partage est catégorique pour les deux députés : chaque génération possède ses forces, mais le plus important reste de croire en ses convictions et de s’impliquer. Malgré ses 40 ans de carrière, faisant de lui le doyen des députés québécois, François Gendron ne croit pas que son âge soit devenu un boulet, car il considère avoir gardé les mêmes convictions qui l’animaient à ses tout débuts, en 1968.

Malgré cet esprit de bonne collaboration, Xavier Barsalou-Duval souhaiterait tout de même que les institutions fassent plus de place aux jeunes. En effet, il sent que les jeunes sont souvent victimes de préjugés à propos de leur âge. «En partant, on donne aux plus vieux de l’expérience, de la pratique», affirme-t-il. Selon lui, la population croit à tort que les jeunes n’ont pas d’expérience alors que souvent, ils sont très impliqués dans la société. «On n’a qu’à prendre comme exemple André Boisclair ou Léo Bureau-Blouin, qui ont tous les deux commencé très jeunes et qui avaient de l’expérience», ajoute le député d’Abitibi-Ouest.

Comme l’explique François Gendron, le fait de s’impliquer en politique est important, mais pas nécessaire. Le plus important est certainement de s’intéresser à la politique afin de remplir son rôle de citoyen en entier. Mais il est conscient qu’il reste énormément de chemin à faire pour réussir à rejoindre la jeune génération, à l’intéresser à la politique, la toucher dans son quotidien, et ainsi former la classe démocratique de demain.

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