Montréal, pôle techno

vendredi 8 juillet 2016 2:24

Certains concepteurs montréalais donnent corps et âme afin damplifier les expériences musicales des amateurs de musique.

Par Marie-Jeanne Dubreuil

Alors que les ventes d’albums diminuent chaque année, les applications musicales, elles, sont en pleine croissance. Montréal n’en est pas à ses premières armes dans le domaine. La métropole est même un nid à nouvelles applications musicales, qui savent se distinguer des Spotify et iTunes Store de ce monde.

Will Jackson

«Montréal est, depuis quelques années, une terre fertile en nouvelles applications de toutes sortes, explique la spécialiste en arts médiatiques, Marjolaine Béland. Il y a énormément d’offre, au point où il peut devenir difficile pour une application de se démarquer auprès des Montréalais.»

L’une d’elles, MuCity, a su sortir du lot en se concentrant sur l’événementiel. L’application permet aux amateurs de musique de trouver des concerts à proximité, d’acheter des billets, d’écouter des listes de lecture de plusieurs artistes et bien plus encore. Les créateurs de l’application affirment ainsi pouvoir simplifier et personnaliser le rapport entre les gens et la musique.

«Actuellement, quelqu’un qui veut assister à un concert de musique doit utiliser plusieurs différents supports inutilement : il s’informe des événements à venir sur Facebook, achète ses billets sur Evenko et écoute la musique de l’artiste qu’il va voir sur Spotify», énumère le vice-président de MuCity, Sami Eissa. Il affirme que MuCity permet à l’utilisateur de rester sur la même plateforme avant, pendant et après un spectacle.

L’application serait bénéfique pour tout le monde, selon ce dernier : les promoteurs d’événements auraient une nouvelle plateforme pour rendre visible leurs concerts, le public pourrait plus facilement assister à des spectacles et les artistes pourraient plus aisément rejoindre leurs admirateurs potentiels. En effet, les réglages de l’application permettent aux amateurs de musique de trouver des événements selon leurs préférences et donc de découvrir de nouveaux artistes, ce qui est un grand avantage pour la scène émergente, qui a souvent peine à se faire valoir.

Conte de fées nuancé

Marjolaine Béland nuance l’enthousiasme que peut causer l’arrivée de MuCity en rappelant que, pour le moment, les événements offerts par l’application ne sont destinés qu’à un public très ciblé, surtout les amateurs de musique électronique. «C’est une application très intéressante, mais il serait encore plus intéressant de voir si elle pouvait rejoindre les amateurs de musique classique ou très underground», estime-t-elle.

Il faut toutefois prendre en compte que MuCity n’est encore disponible qu’en version démo. Elle couvre malgré tout déjà plus de 10 000 événements à Montréal seulement et compte plus de 5000 abonnés. «Nous avons une équipe jeune et dynamique, proclame Sami Eissa. Nous travaillons fort pour avoir les technologies les plus récentes possible.»

Les applications musicales ont le potentiel d’avoir un grand impact sur l’avenir de la diffusion de la musique puisqu’elles permettent de changer le rapport entre les amateurs et leur musique. MuCity, entre autres, a décidé de jeter son dévolu sur l’événementiel à une époque où les chansons apparaissent et disparaissent rapidement des palmarès, affirmant «qu’on se souvient plus du spectacle qu’on a vu il y a dix ans que de la chanson qu’on écoutait il y a deux mois.» L’idée de vouloir réinvestir l’expérience est pleine de potentiel, croit de son côté Marjolaine Béland. Il ne reste maintenant, selon elle, qu’à attendre de voir si MuCity et les applications musicales pourront répondre à ce besoin.

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