Coopérer pour sauver l’industrie du disque

vendredi 8 juillet 2016 3:01

Une compagnie de disque néerlandaise a développé un nouveau concept de diffusion de musique, basé sur le coopératif.  

Par Jessica Charbonneau-Vaudeville

La boutique en ligne de la compagnie Heroic Recordings propose à ses visiteurs un accès complet à la musique du label ainsi qu’un droit de regard sur les futures signatures. Cet accès leur permet de profiter d’un concept qui ne semble pas faire l’affaire de tous.

Ce concept, prénommé ring, permet aux gens de devenir membres de la compagnie de disque, fondée par Budi Voogt et Tim van Doorne en 2013, pour un montant de 4,99$ par mois. Cet abonnement donne accès aux téléchargements illimités de tout le répertoire musical (électronique, «future-bass», «trap» et «indie-dance» notamment) en format MP3 et à la communauté The Empire gratuitement.

«Nous voulions communiquer avec notre public et nous avons essayé de penser à une façon de le rendre plus intéressant. […] Par conséquent, nous avons pensé à un plan d’abonnement mensuel qui permet aux membres de télécharger notre catalogue de musique complet gratuitement», explique le gestionnaire de communauté d’Heroic Recordings, Jason van Domburg. Il ajoute que le tout permettrait aussi aux membres d’entrer en contact avec l’équipe, les artistes du label et d’autres personnes de l’industrie de la musique.

Une rémunération difficile

Selon le guitariste principal du studio Luc Tellier et du groupe émergent Bridgeway, Vincent Vertefeuille, la rémunération des artistes est difficile avec ce type de concept. «Cela ne nous aide pas, monétairement parlant, lance-t-il. Ce n’est pas assez payant. Le meilleur exemple serait la situation de Pharrell William avec sa chanson Happy. Il a reçu 2700$ avec 43 millions de vue sur Pandora, ce qui n’a aucun bon sens!»

mlange_b

Jason van Domberg spécifie cependant que le ring n’a pas été conçu pour recueillir des fonds pour les artistes. «C’est uniquement un service [chez Heroic] pour apporter une plus-value à notre public et pour les impliquer davantage», souligne-t-il. «Mais il y a déjà bien des problèmes avec tout ça, assure pour sa part le musicien. Les artistes sont sous-payés [soit moins d’un cent par écoute]… Tandis que lorsque le consommateur se procure l’album, le pourcentage de redevances est plus élevé.»

Un danger pour les artistes ?

Même si les plateformes utilisant le même principe que le ring, principalement Spotify et iTunes, sont utilisées par les acheteurs, c’est néanmoins plus intéressant pour la personne qui l’utilise que pour l’artiste. La plateforme web permet au phénomène de prendre de l’ampleur, ce qui, au final, pourrait nuire prochainement à l’industrie du disque, voire même à la rentabilité des artistes. «Cela a déjà commencé à atteindre le CD, soutient Vincent Vertefeuille. Il y a 50% des gens qui n’achètent plus d’albums en magasin. Ils préfèrent aller sur internet ou sur Archambault, voire même Renaud-Bray.»

Heroic Recordings est la première maison de disque à utiliser ce concept, mais d’autres pays et d’autres plateformes semblent suivre le pas avec les années. La France par exemple, avec le Pass No Format, offre beaucoup plus, notamment tous les albums produits dans l’année, des rencontres avec des artistes, etc. Reste que selon plusieurs, iMusic, iTunes, Deezer et Spotify restent des dangers potentiels pour l’industrie du disque.

Leave a reply

required

required

optional