Détruisons-les

vendredi 8 juillet 2016 2:40

Par Samuel Lamoureux 

Comment avons-nous pu, nous, amoureux de musiques, de cultures et d’artistes québécois, laisser entrer dans nos vies les grandes entreprises de services de musique en continu sans résister ? Car ils sont là, ces aspirateurs à profit, ces Spotify, Deezer, et même à plus petite échelle, le Ring que nous présentions dans nos pages. Pour paraphraser Anne Hébert, l’industrie musicale a porté trop longtemps ses chaînes. Elles ont eu le loisir de pousser des racines intérieures.

Faut-il revenir aux chiffres ? Bon enfin, qu’un seul. Selon l’Observatoire de la culture et des communications, les ventes numériques ont baissé de 7 % entre 2013 et 2014 au Québec, chute imputée principalement à l’arrivée des services de musique en continu.

Et le plus ironique là-dedans, c’est que la plus grande résistance face à ces entités privées provient des artistes ultra-riches. Adele par exemple, en décembre dernier, refusant dignement le streaming de son album 25, ou encore Roger Waters à Tout le monde en parle en mars, y allant de son vibrant plaidoyer pour la rémunération des artistes. Pendant ce temps, leur billet de spectacle coûte toujours une centaine de dollars… Coup de pub, encore une fois.

Non, les artistes indépendants sont seuls dans ce combat, et ce sera à eux de s’organiser réellement pour venir à bout de ces grandes boites privées. Et il est là le problème, streamons toute la musique du monde d’accord, mais récoltons les profits entre nous, et surtout, partageons. Si la plateforme Bandcamp semble la plus collaborative, il faudra ouvrir plus de fronts et installer beaucoup plus de camps de band justement devant les grandes tours de ces compagnies pour occuper l’espace numérique qui nous a échappé depuis trop longtemps.

Répétons-nous une chose, Spotify n’a rien à cirer de la musique, et probablement que la majorité de ces employés ne pourraient accorder une guitare. Pourquoi contrôlent-ils les règles du jeu ? Il ne reste qu’une chose à se dire : détruisons-les.

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