Une guerre de mots?

vendredi 8 juillet 2016 3:23

Malgré ce qu’on peut en croire, l’haltérophilie et le crossfit ne sont pas des disciplines en compétition, étant donné que celles-ci visent des objectifs différents.   

Par Océanne De Grandpré 

Depuis la montée en popularité du crossfit, la Fédération d’haltérophilie du Québec a dû augmenter les standards de compétition en haltérophilie afin que les haltérophiles restent les maîtres de leur discipline, un poids supplémentaire sur les épaules de ceux désirant la pratiquer.

Les critères en haltérophilie ont été augmentés, car le nombre d’arbitres et de bénévoles est limité lorsqu’on organise une compétition sur un ou deux plateaux. «La préparation qu’on fait n’est pas vraiment différente d’avant l’arrivée du crossfit et le crossfit n’a pas changé grand-chose», souligne l’entraîneur pour le centre d’Haltérophilie du West Island, Pierpol Bouffard.

Le crossfit et l’haltérophilie sont deux sports totalement différents, car ce dernier est un sport prévisible. Si on suit ce qui se passe, on sait à peu près combien de kilos notre adversaire est capable de lever, tandis qu’en crossfit, on ne sait jamais quand la compétition commence vraiment. Ce sont deux sports totalement différents, mais qui peuvent se compléter, car les crossfiteurs viennent chercher certaines techniques comme celle du levé de barre en haltérophilie.

«Au niveau international, c’est sûr que ça a augmenté. Par contre, au niveau national, si les standards ont légèrement augmenté, ce n’est rien de très gros et je ne crois pas que c’est à cause du crossfit. Moi, personnellement, ça ne m’a pas affecté du tout», exprime Francis Luna Grenier, ancien athlète olympique en haltérophilie.

«Le crossfit apporte plus à l’haltérophilie que l’inverse, car ça permet de découvrir de nouveaux talents. Nous, les haltérophiles, on leur offre un service en les entrainant et c’est grâce à nous qu’ils peuvent transférer d’un club de crossfit à un club d’haltérophilie», explique l’ancien athlète olympique.

«On voit de plus en plus de personnes pratiquant le crossfit se spécialiser en haltérophilie, ce qui ne semble pas trop inquiéter les haltérophiles étant donné que les deux disciplines se complètent bien, ajoute Pierpol Bouffard. Pour moi, le crossfit est un produit, car il faut acheter une licence pour le pratiquer.»

En effet, selon Sabrina Goyette, une jeune adepte du crossfit, on ne peut pas comparer les deux sports, car ceux qui les pratiquent recherchent des choses différentes. «De comparer l’haltérophilie et le crossfit, c’est comme comparer la gymnastique au cheerleading, ça ne se compare pas même si ça se ressemble un peu», souligne-t-elle. Elle ajoute également que cela fait presque 2 ans qu’elle pratique le crossfit et qu’elle n’a jamais eu un entraînement qui ressemblait à un autre étant donné qu’ils touchent à plusieurs disciplines, soit l’haltérophilie, la gymnastique et l’athlétisme.

«Je suis extrêmement content de la montée en popularité du crossfit, car ça a permis de mettre l’haltérophilie sur la carte et ça a fait connaitre notre discipline, se réjouit Francis Luna Grenier. Le crossfit était au départ fait pour aller rejoindre monsieur et madame tout le monde qui n’a pas le temps de faire neuf entraînements par semaine comme les véritables haltérophiles. Donc, le crossfit permet de condenser tout ça en trente minutes ou une heure.»

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