À vos marques, prêts, décollez !

vendredi 8 juillet 2016 3:43

Après la Formule 1, le NASCAR, les motos, les rallyes et plusieurs autres séries de courses automobiles, la course de drones fait son entrée dans le paysage sportif mondial.

Par Maxime Hébert 

Richard Unten

Munis seulement d’une paire de lunettes de type Oculus Rift et d’une manette de contrôle, les pilotes contrôlent un drone qui vole à une vitesse supérieure à 150 km/h à travers des obstacles afin de terminer leur course au premier rang.

D’abord un simple loisir, la course de drones voit le jour en 2014 en Australie avant de se répandre rapidement partout à travers le globe, notamment grâce aux médias sociaux. «Des gens publiaient des vidéos de leurs courses dans les bois sur YouTube, indique le responsable marketing de FPV Montréal, une communauté regroupant tous les pilotes de drones dans la région métropolitaine, Nick Iversen. Les gens ont vite voulu en savoir plus et c’est comme ça qu’a commencé les courses plus officielles.»

L’une des raisons de la popularité rapide de ce sport selon lui est qu’il est beaucoup plus psychologique que physique. Donc, pas besoin d’être un athlète conventionnel pour devenir pilote. «Ce qui va vraiment faire la différence, c’est la pratique, assure-t-il. Il faut voler beaucoup, connaître son drone et ta manette tout en étant très calme, car ce sont des mouvements très précis qu’il faut faire. À la vitesse que vont les drones, un millimètre peut faire la différence entre une réussite ou un crash

Ces vidéos ont eu écho jusqu’au Québec où le fondateur de FPV Montréal, Matthew Zoern, a décidé de construire son propre drone afin de se mettre à cette activité. Découvrant alors un intérêt pour ce sport, il a ensuite créé un groupe Facebook afin de regrouper les pilotes de la région de Montréal. Cela a débuté par une dizaine de membres, mais aujourd’hui, cette communauté rassemble près de 500 passionnés. «Ça a commencé par des vols pour le plaisir, puis ils ont commencé à se construire des obstacles en plastique avant de finalement s’organiser des courses», raconte Nick Iversen.

Le Québec «sur la map»

Cette petite communauté devenue grande, certains membres ont connu une progression fulgurante pour finalement débuter une carrière professionnelle. C’est le cas de Gabriel Kocher, un Montréalais d’origine suisse venu étudier dans la grande métropole.

Ce dernier a formé une équipe d’élite, formée de quatre personnes ayant relativement les mêmes rôles que dans tout sport automobile, soit d’un capitaine – le gérant de l’équipe –, du pilote lui-même, d’un navigateur – qui est en constante communication avec le pilote, donnant plusieurs informations importantes durant la course –, ainsi que d’un mécanicien.

Avec son équipe, Gabriel Kocher a ainsi participé à une compétition en Ontario, le FPV Fall Classic. «C’était une course de grande envergure, se rappelle le Suisse de 27 ans. On est arrivé et nous n’avions aucune attente. Il y avait des gens de Vancouver, de New York, de Détroit, bref des gens de partout. Puis, à a grande surprise, j’ai gagné cette compétition.»

Cette victoire est ce qui a permis à son équipe et lui de «voir plus loin», mentionne-t-il. Ils se sont d’ailleurs qualifiés pour la première édition du prestigieux tournoi de Dubaï, qui se tenait le 11 et 12 mars dernier, où seuls 32 pilotes à travers le monde pouvaient y participer. N’ayant toutefois pu se qualifier pour la ronde finale, c’est finalement un jeune Britannique de 15 ans, Luke Bannister, qui a remporté ce grand tournoi et sa bourse de 250?000$ – bourse la plus importante remportée lors d’une compétition du genre.

Gabriel Kocher a malgré tout adoré son expérience et compare la compétition de Dubaï à ce qu’on retrouve dans les autres séries de courses automobiles. Il affirme que «l’ambiance motorsport» est présente, tout comme le côté technique avec les réparations et modifications constantes apportées au drone. Des arrêts aux puit sont aussi nécessaires pour changer la batterie, ce qui ajoute une dimension stratégique à la course. «Est-ce qu’on va utiliser une stratégie plus lente et donc une batterie plus grande pour ne faire qu’un arrêt au puits ou faire l’inverse, mais sachant que nous devrons en faire deux, voire trois? Ce sont des questions que l’on se pose lors des courses», confie le pilote.

Cependant, malgré les prix et les commanditaires, la course de drones n’est pas encore au point où l’athlète peut vivre complètement de son sport. «On est encore loin de cela, indique Gabriel Kocher. Je fais présentement ma thèse de doctorat à McGill, alors je course et me pratique dans mes temps libres, donc en soirée et durant les fins de semaine.»

L’engouement pour la course de drone encore très jeune, plusieurs investisseurs se lancent dans l’organisation de tournois, mais aucune série n’est encore officielle. «Chacune des organisations a des différences entre elles et veut être la plus grosse pour avoir un certain monopole, soutient Nick Iversen. Alors, pour l’instant, tout le monde essaie des choses afin de trouver la formule gagnante.» Toutefois, une chose est certaine selon le responsable marketing et le pilote, une série de championnat verra le jour d’ici cinq ans.

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