Une histoire qui se répète

mardi 15 novembre 2016 11:13

Malgré des modes de production qui ont souvent fait l’objet de polémiques, la Chine inspire certains pays comme le Vietnam à suivre le même modèle.

Sarah Xenos 

Des salaires plus bas que ceux de leur voisin du nord et une ouverture grandissante du pays suite à la signature d’accords de libre-échange : il n’en fallait pas plus pour que de grandes entreprises quittent la Chine pour venir s’établir au Vietnam, présageant du même coup l’apparition d’un système de production calqué sur Pékin, qui est pourtant loin d’avoir fait ses preuves.

La Chine s’est longtemps retrouvée sur les étiquettes de la quasi-totalité des biens de consommation, jusqu’à ce que d’autres pays d’Asie, dont le Vietnam, viennent s’ajouter à ce lot. Des géants de l’industrie électronique, tel Samsung et Intel, font dorénavant partie du paysage vietnamien et ils ne sont pas les seuls, puisque les nouvelles industries étrangères comptent pour 70 % du montant total représenté par le secteur manufacturier du pays.

«La situation n’a rien d’anormal», prévient la professeure titulaire du Département d’histoire de l’Université de Montréal, spécialiste de l’Asie du Sud-Est, Laurence Monnais. Au contraire, selon elle, l’exode des industries vers des pays où la main-d’œuvre est moins coûteuse est fréquent et comparable au départ d’entreprises québécoises vers le Mexique.

Si le Produit intérieur brut (PIB) du Vietnam croît à une vitesse grand V, augmentant de 6,68 % en 2015, les effets se font aussi sentir sur l’environnement. Parce que qui dit usines et production de masse, dit utilisation des ressources naturelles sans égard ni retenue, ce qui inquiète des habitants comme Nguyen Tien Long, alarmé par la pollution de l’océan suite à l’implantation de la compagnie Famosa établie dans la province de Ha Tinh.

L’économie continuera de tourner

«L’économie fonctionne toujours selon un cycle conjoncturel et perpétuel; elle est composée d’une période de croissance, d’un sommet, puis d’un creux et d’une récession», explique le professeur au Département des Sciences économiques de l’UQAM, Paul Martel-Roy.

Bien qu’une croissance rapide permette l’engrangement de bénéfices importants, elle contribue aussi à augmenter significativement l’inflation d’un pays, engendrant une hausse du coût de la production et de la main-d’œuvre. Les entreprises finissent, un jour, par déménager leurs usines là où les coûts sont à la baisse, jusqu’à ce que le phénomène se répète, indique l’économiste.

Ce qui s’est passé en Chine se reproduit au Vietnam, au Bangladesh, en Inde et au Cambodge, des pays souvent prêts à accepter l’investissement que représentent ces industries, et ce, peu importe les conditions, dans l’espoir améliorer leur situation.

Si certaines usines plient bagage pour continuer la chasse aux bas prix, d’autres, par chance, demeurent et grossissent pour s’implanter définitivement au Vietnam. Paul Martel-Roy rappelle qu’il n’est pas rare de voir des compagnies requérant une main-d’œuvre plus spécialisée demeurer dans un pays pour y continuer leurs activités malgré la hausse du prix de production.

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