La peur de l’autre

mardi 15 novembre 2016 11:26

Maude Petel-Légaré

Les récits de Marco Polo dans le Livre des merveilles sur la route de la soie m’ont fait rêver, et ont éveillé en moi un désir profond de parcourir le monde. Je ne suis pas la seule : ses histoires auraient aussi marqué Christophe Colomb dans sa jeunesse, et l’auraient influencé à partir à l’aventure.

Ce chemin mythique a permis aux différents peuples de se métisser, de partager des savoirs et des sciences, de diffuser des religions et de créer un réel réseau d’échange. Selon l’UNESCO, il a contribué au développement de nombreuses grandes civilisations du monde. Bien sûr, il y a eu des épisodes plus noirs que d’autres, comme l’insécurité liée au trafic d’esclaves et l’invasion sanglante de Gengis Khan, fondateur de l’Empire mongol.

Selon plusieurs historiens, le déclin de la route serait réellement dû à la politique isolationniste menée par les empereurs de la dynastie Ming.

Cette politique, qui visait à fermer les frontières, voulait répondre à «la peur de l’autre». Aujourd’hui, j’ai l’impression que l’on retombe dans une période où l’on se met à l’écart pour éviter tout contact avec «la différence». Selon la directrice de l’Observatoire de géopolitique de la Chaire Raoul Dandurand, Elizabeth Vallet, il y aurait plus de soixante-dix murs en construction dans le monde pour réaffirmer les frontières.

Pourtant, on connaît les bénéfices qu’une société pluraliste peut nous apporter. Plusieurs inventions occidentales d’importance n’auraient pu exister sans la diffusion des savoirs sur la route de la soie.

Comme le disait Anatole France, prix Nobel de littérature, «on apprend sans doute des choses dans les livres, mais on apprend plus en voyant du pays». En ayant visité des villes connues comme des centres culturels et commerciaux de l’époque de la route de la soie, j’ai pu constater que nous devons énormément à celles-ci. Elles nous ont permis d’innover et d’être ce que nous sommes aujourd’hui. Sans cet échange culturel et commercial, nous n’aurions pas eu une civilisation aussi riche.

Pourquoi vouloir se priver d’un monde qui nous est, en vérité, si édifiant?

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