Ceci n’est pas un musée

mercredi 16 novembre 2016 2:42

Afin d’explorer de nouvelles avenues, certains musées intègrent les médias interactifs à leur programme artistique.

Par Alexandra Grenier

Par l’entremise du web, des applications mobiles et de la réalité virtuelle, les nouvelles technologies réinventent l’expérience muséologique et offrent au public un éventail de possibilités. Les applications mobiles, dont la formule est plus interactive, encouragent les spectateurs à passer plus de temps dans une même exposition. Lors d’une exposition en 2009 intitulée Copyright Human au Musée de la civilisation du Québec (MCQ), il était possible de parcourir les lieux tout en écoutant la visite guidée sur un iPod. «La durée moyenne des visites pour cette exposition était de 90 minutes, tandis que la durée des visites sans cet ajout est trois fois moins longue», précise la coordonnatrice de l’engagement numérique au MCQ, Ana-Laura Baz.

L’exposition Pompéi, présentée au Musée des Beaux-Arts de Montréal du 6 février au 5 septembre 2016, proposait, pour sa part, une expérience multisensorielle portée sur l’histoire. Une projection cinématographique présentée sur trois écrans géants qui allaient du sol au plafond plongeait le spectateur au cœur de Pompéi, ville de l’Empire romain. «Ce genre de projet immersif est plutôt courant dans les musées d’histoire, mais moins dans les musées d’art. C’est ce qui [crée] son caractère unique», explique le professeur d’histoire de l’art à l’Université du Québec à Montréal, Raymond Montpetit.

La réalité virtuelle, un art réinventé

Cette technologie en évolution recrée virtuellement un environnement. «Grâce à la réalité virtuelle (RV), il est maintenant possible de reconstituer des églises à partir de leurs ruines», affirme Raymond Montpetit. Toutefois, la RV n’est pas parfaite puisqu’elle «empêche les interactions sociales entre les gens qui l’utilisent», note-t-il.

«Chaque projet a ses objectifs et son public cible. Ce ne sont pas toutes les expositions qui visent à favoriser les interactions entre visiteurs», explique Ana-Laura Baz qui croit que ce n’est pas un outil à proscrire. Par exemple, dans le but de guider les visiteurs, plusieurs musées fournissent, depuis longtemps déjà, des casques d’écoute. L’absence d’interactions entre les visiteurs ne semble pas gêner leur appréciation de la visite, mentionne la spécialiste en muséologie.

«Les technologies sont surtout un moyen d’apporter un je-ne-sais-quoi aux musées. Elles font en sorte que les visites soient actives et que les sens des visiteurs soient stimulés», souligne Raymond Montpetit. Elles ne sont pas là pour voler la vedette, mais bien pour «servir la mission première des musées, soit de partager et de transmettre à la population une partie du patrimoine», ajoute-t-il.

Les nouvelles technologies sont loin d’avoir fini de se tailler une place dans les musées, entre les toiles et les sculptures les plus célèbres. «Les gens sont habitués à vivre dans un monde rempli de technologies de toutes sortes. Elles sont de plus en plus démocratisées et elles nous donnent accès à une nouvelle façon de créer», conclut Ana-Laura Baz.

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