Des jardins qui poussent la société plus loin

mercredi 16 novembre 2016 4:26

Le stress et le gaspillage amenés par le mode de vie rapide de la société occidentale ont une solution commune bien naturelle : l’agriculture urbaine.

Léa Viens

Dans plusieurs villes du Québec, on constate depuis quelques années une recrudescence de l’agriculture urbaine dans les jardins communautaires et collectifs. Ce retour à la terre se propose comme outil de réappropriation du potentiel nourricier du territoire.

Bien que les jardins communautaires et les jardins collectifs présentent quelques différences, tous deux ont le même but : permettre à la population de cultiver sa propre nourriture.

«Au départ, l’idée était de trouver comment, à l’échelle citoyenne, nous pouvions faire évoluer notre capacité de résilience, comment être moins vulnérables face au système mondialisé, économique, alimentaire, énergétique, sans parler de notre dépendance au pétrole», explique la responsable du Collectif 21 Anne-Marie Brunet. Cet organisme de Boucherville s’inscrit dans le mouvement des villes en transition et offre aux citoyens la possibilité de s’impliquer à plusieurs niveaux dans différents jardins de la ville.

L’agriculture urbaine est également une opportunité de politiser et de responsabiliser les citoyens, puisque «pour certains étudiants, le contenu des cours, peu importe le degré d’étude, ne suffit pas à étancher leur soif de savoir», mentionne la responsable du jardin collectif du Cégep de Sherbrooke. Selon elle, le système scolaire québécois est créé dans le but de former de la main-d’œuvre et non dans celui de transmettre de nouvelles connaissances. À son avis, la pratique de l’agriculture urbaine peut remédier à ce manque.

Antoine Lepage, étudiant, trouve son compte dans l’entretien du jardin de sa résidence, car cela lui permet de maximiser son espace «de façon utile». Il ajoute que l’activité a également des effets positifs sur sa santé et l’aide même à réduire son niveau d’anxiété.

L’agriculture semble d’ailleurs avoir fait ses preuves en tant que remède contre le stress et les sentiments négatifs. La thérapie horticole, ou hortithérapie, vient de l’idée que comme le jardinage est bénéfique sur le plan physique, psychologique et social, s’occuper de ses plantes revient à s’occuper de soi-même. À Montréal, le Centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) Bruchési permet à ses résidents de se détendre en mettant les mains en terre depuis déjà quatre ans.

Dans la région de Montréal, sans compter les banlieues, on retrouve 97 jardins communautaires dans 18 arrondissements différents. Avec autant d’occasions de s’impliquer et de faire de nouvelles rencontres, tout porte à croire que l’agriculture urbaine a fait ses preuves comme composante clé d’une société en marche vers une plus grande autosuffisance, et que, tant que l’on continuera à mettre les mains à la terre, beaucoup de positif risque d’y pousser.

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