À chacun sa nuit

mercredi 16 novembre 2016 9:00

Le sommeil n’est pas simplement de fermer ses yeux et se réveiller huit heures plus tard. C’est plutôt un élément essentiel à notre santé.

Nicolas St-Germain 

Les obstacles à un sommeil sain et équilibré ne manquent pas : Technologies, travaux scolaires, études, etc. Même si la fatigue ne paraît pas toujours, le corps finit très souvent par en souffrir.

«Il y a des gens qui ont physiologiquement besoin de moins d’heures de sommeil que d’autres, et c’est un facteur qui demeure stable toute la vie», explique la docteure à la clinique du sommeil de St-Jérôme, Emmanuelle Paré. Certains corps se rétablissent plus vite que d’autres, ce qui cause le principe des «petits dormeurs» et des «gros dormeurs».

Il n’en demeure pas moins que de négliger le sommeil entraîne inévitablement des conséquences tant physiques que psychologiques. Une seule nuit de sommeil perturbée suffit à engendrer une baisse de vigilance et de concentration, en plus d’une diminution des réflexes souligne le psychologue et professeur à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Jean-François Gagnon.

Le sommeil permet également de bien emmagasiner les informations recueillies durant la journée; si le sommeil n’est pas efficace, les informations ne peuvent pas se conserver adéquatement dans le cerveau. Des études établissent également un lien entre le manque de sommeil chronique et des maladies telles que le diabète et l’obésité, rapporte Dr Gagnon.

L’enjeu des horaires atypiques

En tant que chef de division des pompiers dans l’arrondissement de Ville-Marie, Stéphane Corriveau doit composer avec un horaire atypique, puisqu’il travaille de nuit. «Il faut que, quand j’arrive le matin, ce soit calme. Ma famille est compréhensive, mais mes enfants sont jeunes et je ne veux pas les empêcher d’aller jouer dehors. J’essaie de dormir malgré le bruit et le soleil, mais j’y parviens difficilement.» Le pompier ne dort donc que deux ou trois heures par jour.

Âgé de 49 ans, il admet n’avoir senti le choc que tout récemment. «J’ai toujours été quelqu’un de très actif, ça m’a aidé à rester en forme», raconte-t-il. L’apparition du zona, une maladie cutanée, a eu raison de sa bonne forme. «Je l’ai développé il y a trois ans. La maladie s’est attaquée à ma gorge et depuis, je vis avec des séquelles, je m’étouffe constamment. Je peine à donner des cours dehors parce que ma voix n’est plus assez forte», déplore le pompier, qui est aussi formateur. Le médecin de M. Corriveau lui a appris que son rythme de vie avait contribué à l’apparition de la maladie, puisque son système immunitaire a été fragilisé par le manque de sommeil.

Les siestes sont l’une des solutions possibles pour réduire la fatigue, puisqu’elles ont de nombreux effets positifs sur le corps. Aux dires de Jean-François Gagnon, une courte sieste faite avant 15h et d’une durée maximale de 45 minutes permettait d’augmenter la vigilance et de réduire la somnolence, augmentant par le fait même les performances. Une option intéressante pour ceux qui vivent avec des horaires atypiques, ou simplement ceux qui se sentent fatigués.

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