Speak white?

mercredi 16 novembre 2016 9:31

Par Océanne De Grandpré

On entend souvent l’expression «ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse». Alors, pourquoi retirer à une minorité visible ce qui est le plus important pour son identité, soit sa langue?

L’homme blanc a mis de force les autochtones dans des pensionnats et les a obligés à apprendre le français contre leur gré. Pourtant, nous sommes les premiers à nous indigner quand les anglophones s’imposent un peu trop dans la province. Nous nous plaignons qu’ils veulent nous faire perdre notre langue, sans réaliser l’ironie de la situation.

La question autochtone est un sujet qui m’interpelle beaucoup étant donné mon sang métissé, mais ce genre d’intérêt est plutôt rare. De plus, la population n’est pas tout à fait au courant de ce qu’ils ont vécu. Les cours d’histoire du secondaire nous le prouvent : on n’aborde pas ou sinon très peu ce sujet, comme s’il était «tabou». À l’opposé, on parle beaucoup du Haut et du Bas-Canada, de la Rébellion des patriotes et de notre combat pour préserver la langue française en oubliant qui était là en premier.

Dans bien des cas, l’aversion culturelle des autochtones a été la principale source de leurs problèmes liés au déracinement et à leur rapport avec leur langue quasi disparue. Isolés dans des réserves, les autochtones sont imprégnés de la culture moderne et ne savent plus où se situer entre leur langue maternelle et celle que les pensionnats leur ont imposée. Trop engloutis et aspirés dans une société qui refuse, encore aujourd’hui, de les considérer comme des égaux. Les autochtones et leur culture sont négligés par l’homme blanc. Nous devrions tous pouvoir parler dans la langue que nous voulons, car notre langue fait partie de NOUS.

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