Définir l’indéfinissable

dimanche 5 février 2017 9:43

Dans une société dans laquelle la monogamie domine, les modèles relationnels dits «autres» sont considérés comme étant instables, temporaires et expérimentaux.

Par Rosalie Dion

À partir du moule du «couple parfait», les médias sculptent l’opinion dominante qu’a la société sur les relations interpersonnelles, provoquant ainsi la marginalisation de ceux qui ne s’identifient pas à ces pratiques.

Ce modèle monogame, c’est-à-dire un homme et une femme, si possible blancs, mariés et ayant des enfants, n’est pas remis en question. Pourtant, dans leur intimité, plusieurs adultes, en particulier des jeunes, s’adonnent à des aventures sans lendemain ou tout simplement différentes de celles d’un couple normatif. En effet, «61% des jeunes adultes ont expérimenté des pratiques sexuelles libérales, au moins une fois [dans leur vie]», selon une étude publiée dans le Journal of adolescent research.

Ces pratiques se déclinent en plusieurs termes distincts et qui varient selon la fréquence et le type de relation et le nombre de partenaires. Ces modèles, manquant d’attention scientifique, peuvent être surprenants aux yeux de ceux qui sont habitués au modèle monogamique, comme, par exemple, des familles constituées de plus de deux parents. D’ailleurs, selon la thèse Les comportements sexuels des jeunes adultes en lien avec la personnalité et l’attachement écrite par la neuropsychologue Fanny Thibaudeau, les quelques chercheurs qui se penchent sur la question ont tous des définitions et des résultats différents, ce qui pose problème.

Cette problématique est exposée par l’auteur français Jacques Attali, dans son œuvre Amours, Il y énonce que, selon lui, «le XXIe siècle sera celui de l’amour multiple, de la polyunion, de la polyfidélité, du polyamour.» L’auteur ajoute que «rien ne permet d’exclure que le sentiment amoureux ne puisse pas, un jour, être aussi intense pour plusieurs personnes à la fois.»

Le sexe d’abord, l’amour suivra

«Tellement de relations partent de rien, de la luxure. On apprend à se connaître après», confie Christopher Gagnon, un cégépien de 19 ans ayant eu une relation libre durant trois ans. «Si le sexe est bon, on va considérer aller plus loin», ajoute-t-il. Leur relation s’est épanouie dans un désir de laisser l’autre vivre ses expériences personnelles. En offrant cette liberté, il dit avoir «brisé le port d’attache, ce qui a fait [que le couple s’est] découvert d’autres affinités que le sexe». Selon lui, s’entendre sur les conditions qui encadreront la relation ouverte est primordial pour qu’elle demeure saine.

Par ailleurs, même le modèle monogame comporte son lot de diversité. Il existe différentes perceptions de la notion d’infidélité entre deux individus qui partagent ensemble une vie de couple. Certaines personnes ont des limites plus claires que d’autres, selon le doctorant en sexologie, Carl Rodrigue.

Le plus important, selon lui, c’est de rester ouvert aux différentes possibilités  dans lesquelles peuvent se vivre l’amour. «S’informer sur les différents modèles favorise non seulement une meilleure compréhension de ses propres préférences et choix relationnels, mais aussi une attitude plus compréhensive à l’égard des choix et préférences des autres», conclut-il.

La compréhension et l’acceptation ne dominent pas l’opinion populaire face à ces modèles relationnels et c’est en éduquant sur ce changement social et culturel que la marge s’approchera, lentement mais sûrement, de la masse.

 

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