La liberté sur quatre roues

lundi 6 février 2017 4:12

En planifiant leur vie quelques jours à l’avance, les personnes ayant des limitations physiques arrivent à vivre «normalement».

Par Camille Payant

Malgré leurs limitations de mouvements, les personnes vivant avec un handicap physique peuvent se considérer comme libres, sans pour autant pouvoir goûter à la spontanéité.

«Tu peux tout le temps t’arranger pour être libre, mais des fois c’est plus compliqué». Telle est la perception de la liberté pour Marilyn Turcot, qui vit à même son fauteuil roulant depuis sa naissance. Même si les actions spontanées des personnes aux prises avec un handicap physique sont compromises, celles-ci peuvent tout de même mener une vie pleine et entière. «Concrètement, je peux parler, me déplacer, travailler, me divertir, socialiser, tout ça sans trop de contraintes», confie pour sa part un travailleur social lui-même handicapé, Jimmy Tessier Royer.

La planification passe dans plusieurs aspects de leur vie, dont le transport. Présentement, l’accès au réseau du métro de Montréal pour les gens ayant des limitations physiques est très restreint. Seules dix stations, toutes sur la ligne orange, sont dotées d’ascenseurs permettant d’accéder aux wagons en fauteuil roulant. Pour Jean Duchesneau, la situation est inacceptable. «C’est un frein majeur. […] Je ne comprends pas qu’on ne puisse pas arriver à une solution plus adaptée.» Jimmy Tessier Royer est contraint, pour sa part, d’utiliser strictement le transport adapté, ce qui réduit énormément la spontanéité de ses déplacements.

Gentillesse mal placée?

«Le seul bémol, c’est que souvent [les personnes handicapées] sont traitées de façon inéquitable», indique le président-directeur général de la Société pour les enfants handicapés du Québec, Jean Duchesneau. Un traitement différent est en effet souvent offert aux personnes aux prises avec un handicap physique et se transforme en discrimination positive. En plus des places de stationnement réservées et des sièges qui leur sont attribués dans plusieurs salles de spectacles, les personnes ayant une mobilité restreinte peuvent passer à l’avant de n’importe quelle file à plusieurs endroits, dont Walt Disney World.

Marilyn Turcot dit avoir vécu énormément cette discrimination positive, mais se questionne sur les bienfaits de la chose?: «Pourquoi aurais-je droit à des privilèges que d’autres n’ont pas? L’idée, c’est que l’on veut tous être égaux et libres également, je ne veux pas être plus importante que quelqu’un d’autre.»

Activités hors de l’ordinaire

La liberté peut par ailleurs se trouver ailleurs que dans le mode de vie, mais aussi dans les arts et les activités. Fondé il y a sept ans par Marilyn Turcot, l’organisme non gouvernemental Libre et Sauvage permet à la fois à des gens handicapés et sans handicap de monter des projets artistiques complexes, sur une période d’un an. Avec une mixité de la sorte, il est important pour la fondatrice de propager l’inclusion au sein de la société. Après un essai photographique et plusieurs défilés-projections, le groupe s’attaque maintenant à une pièce de théâtre, qui sera présentée en 2017.

La Société pour les enfants handicapés du Québec, quant à elle, possède un camp de vacances pour handicapés, le Camp Papillon. Entre 300 et 400 personnes se rendent annuellement à cet endroit, situé à Saint-Alphonse-Rodriguez dans Lanaudière. «C’est un camp de vacances comme n’importe lequel. La seule différence, c’est qu’ici tout est adapté», souligne Jean Duschesneau. Avec des activités telles que la tyrolienne ou encore la voile adaptée, les campeurs ont tout en leur possession pour se sentir libres, véritablement.

Leave a reply

required

required

optional