Un herbogéquoi?

jeudi 9 février 2017 10:50

Popularisé à la télévision de Radio-Canada dans les années 70, le jeu Génies en herbe a initié  un nouveau type de loisir, autant pour les jeunes que les adultes.

Par Audrey-Anne Blais

Ce jeu ayant pour but d’éveiller la curiosité envers la culture générale, s’il a d’abord attiré beaucoup d’étudiants, ne suscite pas autant d’intérêt que les sports d’équipe, malgré son apport important au développement intellectuel.

Vice-président du Mouvement provincial Génies en herbe/Pantologie (MPGHP), joueur depuis 13 ans et entraîneur depuis 8 ans, Fabio de Carvalho confirme que cette activité est nettement moins valorisée que d’autres et ce, peu importe le succès obtenu par l’équipe.

Des étiquettes injustifiées

Parfois étiquetés comme bolés, les jeunes joueurs ne sont pourtant pas nécessairement les gros cerveaux de leurs classes. « Au secondaire, tu te fais parfois dire que tu es intelligent comme si c’était une insulte», raconte Fabio de Carvalho. Selon ce dernier, ce n’est qu’une question de curiosité et d’attention. « On regarde plus de films, on lit davantage, on porte plus attention aux détails qu’on entend à la télévision ou qu’on voit passer sur Internet, même sur Facebook. J’ai très souvent eu de bonnes réponses après avoir entendu deux amis parler d’un film que je n’avais pourtant jamais vu », note-t-il.

Jeremy Alie Leon,  qui a joué tout au long de son secondaire au Collège Jean-Eudes, a également été témoin de ces moqueries occasionnées par des préconceptions. Il va jusqu’à dire que les médailles d’or sont considérées que comme des médailles de je-sais-tout et que les méritants peuvent même être l’objet de risée.

Génies en herbes, un sport?

Malgré l’absence d’effort physique, le Génies en herbe possède des similitudes avec les sports. Pour Fabio de Carvalho, la ressemblance est principalement dans l’aspect compétitif de l’activité, mais également au niveau de l’esprit d’équipe. «Comme pour les sports, les participants s’entraînent. Dans les écoles, les élèves ont des pratiques de match chaque semaine et leur coach les pousse à se concentrer sur les domaines de connaissance les plus susceptibles d’être abordés », explique-t-il. Le stress est également de la partie : les joueurs sont toujours nerveux la veille d’une compétition.

Heureusement, les stéréotypes s’estompent à l’âge adulte. Les gens s’ouvrent davantage et constatent que le Génies en herbe est souvent malmené. «Maintenant, quand je dis que je fais du Génies en herbe, après le traditionnel  « ça existe encore ça? » le monde a l’air de trouver ça cool, raconte Fabio de Carvalho. Et je n’ai jamais vraiment eu de misère à traîner un ami avec moi lorsque j’avais besoin d’un remplaçant dans mon équipe. »

Malgré tout, cette activité ne rayonne pas autant que ses participants le voudraient. Aux dires de Fabio de Carvalho, de simples gestes comme d’accrocher les bannières remportées ou d’annoncer les victoires feraient toute la différence.

 

 

 

 

 

 

 

 

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