La réalité imaginaire

vendredi 17 février 2017 2:41

«J’étais consciente que mon corps physique était dans une petite pièce, rue Sainte-Catherine à Montréal. Or, j’étais également sur une plage, tournant autour d’un énorme tronc enraciné.»

Par Camille Robillard

Les phénomènes paranormaux, ça me fait peur. Parler d’esprits, ça me fait pleurer. Les films d’horreur, je suis capable les dix premières minutes et après je change pour un film d’animation. Or, lorsque l’on m’a proposé d’être cobaye et de faire un voyage astral, afin de mieux comprendre le sentiment de liberté que peut apporter une telle pratique, j’ai accepté avec confiance, peut-être même un peu trop. Devinez quoi? J’ai eu peur et je me suis plutôt tournée vers la sophrologie, une approche beaucoup plus sécurisante, puisqu’elle se pratique dans un état d’éveil.

La sophrologie est une méthode qui vise à travailler sur le conscient pour reprendre le contrôle des mécanismes inconscients, tels que les mécanismes de défense (le déni, le refoulement, la projection, etc.) et les mécanismes émotionnels. «C’est une philosophie de vie. C’est comme si tu te mettais au yoga. C’est quelque chose qu’une fois que tu as commencé, si vraiment ça te plaît et que tu sens que ça t’apporte quelque chose, tu continues à le faire», décrit le spécialiste de la psychologie positive et de la sophrologie, Julien Giraud. La sophrologie peut être efficace sur tout le monde. Cependant, ça demande de l’assiduité. «Les seules personnes chez qui ça n’a pas donné spécialement de résultats, ce n’était pas la méthode qui était en cause, mais bien le manque de constance de la personne dans ses exercices», témoigne le sophrologue.

Des pouvoirs magiques … ou pas

Pour ma part, j’ai voyagé. Julien Giraud proposait à une quinzaine de personnes, dont moi-même, une séance de base, puisque tous les exercices de sophrologie partagent les mêmes notions primaires. Grâce à des exercices de respiration, il nous a permis de descendre notre niveau de conscience très près de l’état du sommeil. C’est à partir de ce moment-là que tout a commencé. Assise sur une chaise, les membres engourdis, la tête qui semble vouloir faire un plongeon remarquable vers l’avant, la fréquence cardiaque à son plus bas, j’étais détendue et excitée à la fois. Lorsque la voix de l’animateur a décrit les premiers éléments du rêve, j’étais abasourdie. «Tout le monde va vivre un décor similaire, mais chacun y mettra ce qu’il souhaite à l’intérieur. Il va y avoir une trame qui va être partagée, mais derrière, si toi tu as envie de mettre plus de telle couleur ou telle information, tu es libre», m’avait-il informé avant la séance. Un ciel bleu, des roches. Oh! Non, plus des roches, mais du sable… Une forêt dense qui se dessine autour. Un univers se formait autour de moi. J’étais consciente que mon corps physique était dans une petite pièce, rue Sainte-Catherine à Montréal. Or, j’étais également sur une plage, tournant autour d’un énorme tronc enraciné.

Une chasse aux réponses

Oh! Tout à coup, j’ai le vertige. Après être tombée dans le trou d’un arbre à la Alice au pays des merveilles, être atterrie dans une galerie d’art où des tableaux de femmes ornaient les murs, avoir senti une odeur de cannelle épicée et le vent qui pénétrait à travers les fenêtres grandes ouvertes, je n’avais plus aucun doute, je rêvais. Tout semblait si réel. Grâce à cet exercice, Julien Giraud cherchait à permettre «chacun d’aller trouver les réponses dont il a besoin en rapport à un sujet en particulier». Pour ma part, une femme blonde et vêtue d’un tailleur et d’une jupe grise est venue me porter une lettre. L’enveloppe était ornée d’un cadrage alternant des lignes rouges, bleues et blanches. La feuille à l’intérieur était chaude, comme si elle sortait tout juste de l’imprimante. Des mots en majuscule étaient éparpillés sur la page blanche: INTELLIGENTE. SOURIANTE. BELLE. Un seul mot était imprimé en minuscule. Je ne sais pas comment, mais mon œil est devenu télescopique et j’ai pu y lire «Mañifique». Après avoir fait le voyage contraire en accéléré, je me suis «réveillée». J’étais complètement épuisée. En regardant mon cellulaire, j’ai constaté que l’exercice avait duré une heure. Pourtant, cette heure m’avait semblé 20 minutes.

Ce que je n’ai pas eu le courage de tenter

Il est important de ne pas confondre la sophrologie avec le rêve lucide ou le voyage astral. «Les rêveurs lucides disent être en pleine possession de leurs facultés cognitives : ils sont à même de raisonner clairement, de se souvenir de leur vie de veille et d’agir à volonté, de manière réfléchie ou selon des plans d’action établis avant le sommeil», peut-on lire dans une œuvre du psychologue américain, Stephen LaBerge. Donc, comparativement au rêve lucide, les exercices de sophrologie se pratiquent à l’extérieur du sommeil.

Pour sa part, lors du voyage astral, le corps physique et la conscience se dissocient, au sens propre du terme. Le corps astral peut alors voyager où il veut, alors que le corps physique est immobile et inanimé. Pour assimiler ces deux pratiques spirituelles, il faut également s’exercer régulièrement. Plusieurs techniques sont disponibles sur internet ou dans les bouquins.

Deux semaines plus tard, je ne sais toujours pas ce que mon rêve voulait m’apprendre. Probablement que ma confiance personnelle était en jeu. Or, une chose est certaine : j’étais fière. Après tout, ce qui est paranormal, ça peut être plaisant : je suis devenue soudainement libre comme le vent.

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