Des poupées gonflables à 50 000$

samedi 10 mars 2012 2:39

Par Ariane Thibault-Vanasse

Des lèvres pulpeuses, plus rouges que rouges. Des poitrines gonflées à bloc sans aucun signe d’affaissement. Des hanches aux galbes lisses et parfaits. Non, il n’est pas question de poupées Barbie. Ces images de femmes parfaites sont les sujets de Corno, peintre québécoise de renommée internationale.

Le hic ne réside pas dans l’abus du beau de ses peintures ni de l’absence de réflexion dans ses œuvres. Le problème est que cette artiste riche à millions et n’ayant plus besoin de présentation dans le milieu artistique populaire fera l’objet d’un documentaire. D’un long-métrage de surcroît. Subventionné par Téléfilm Canada. Scénarisé par Fabienne Larouche. Voilà pourquoi l’agence gouvernementale a accepté un tel projet! Alors que des artistes, luttant contre l’art aseptisé et voulant brasser la cage des conventions artistiques, souhaiteraient plus que tout un tant soit peu de visibilité, l’argent des contribuables servira à exposer le travail d’une artiste qui se fout de l’avancement de l’art contemporain. Oui, oui, nous serons tous co-producteurs de cet aberrant film. L’artiste avait d’ailleurs dit «se câlisser» de l’intelligencia contemporaine dans une entrevue accordée à Nathalie Petrowski.

Le documentaire intitulé Corno – Corps et âme, abordera la carrière de l’artiste sous différents aspects de son cheminement. Le film veut faire comprendre au public l’importance qu’à tenu la ville de New York dans l’inspiration de Corno. Cette native de Chicoutimi sera ensuite suivie pendant un an afin de bien cerner «les défis» dont elle doit faire face dans sa carrière. Ne peignant toujours que des femmes avec la même esthétique plastique irréprochable, voire superficielle, il est à se demander quels sont les défis de la Fabienne Larouche des arts visuels. En quoi Corno – Corps et âme peut montrer au public québécois que l’art contemporain ne se résume pas qu’à des visages fantasques vendus à près de 50 000$ le joli minois? Alors que les artistes désirent contrer le marché de l’art, ou du moins s’en détourner, Corno met les deux pieds dedans. En se fichant bien au passage de s’élever aux idéologies et problématiques de ses compères artistes.

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