Réappropriation d’un pouvoir «autre»

dimanche 26 février 2017 1:43

Par Myriam Eddahia

Des milliers de comptes Twitter, Tumblr et Youtube se veulent motivants et inspirants. Quotidiennement, une multitude de vidéos et d’ouvrages nous submergent de messages sur le bien-être, la méditation ou la force en soi. Les librairies distribuent de plus en plus de «guides» suggérant que toutes les réponses à nos interrogations se trouvent à l’intérieur de notre propre esprit. Cette «culture de soi» ou cette «culture du soi» promeut la libération de soi dans l’objectif  d’accéder à la vérité, sa propre vérité.

Je considère que l’expression souvent attribuée à Socrate : «Connais-toi toi-même», fait référence à un amour de soi, une conscience de soi et une connaissance de soi. Je m’épanouis en me découvrant. Je me libère d’une emprise omniprésente et intangible. La quête de cet épanouissement total est nécessairement atteinte par une croissance personnelle. Selon le philosophe français Michel Foucault, «ce travail sur soi ne consiste donc pas à retrouver dans l’expérience de la vie quotidienne son identité, son moi authentique, mais plutôt à remettre en cause tout ce qui peut contribuer à le forger, à être complètement différent de ce que je suis, à ne jamais être le même».

Ce travail sur soi permet la réinvention de soi, donnant un sens à notre existence. La popularité d’ouvrages sur la prise ou la reprise de contrôle sur sa propre vie comme Le Secret par Rhonda Byrne, étale une psychologie populaire présentant le sentiment d’être spirituellement illuminé, d’entièrement connaître la personne que nous sommes. Partout sur le web on peut lire : «En prenant connaissance du Secret, vous découvrirez comment vous pouvez avoir, être ou faire tout ce que vous voulez. Vous découvrirez qui vous êtes vraiment. Vous découvrirez la véritable magnificence qui se trouve à votre portée.» Je crois que cette certitude selon laquelle nous sommes détenteurs des toutes les clés ne fait de nous que des êtres encore moins conscients de nos réalités. Cette «vérité» s’oppose au destin. Et si cette illusion de pouvoir nous rendait malade? Et si la connaissance ultime était un fardeau invivable?

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