C’est même pas drôle

dimanche 26 février 2017 6:10

Par Julianne Sickini

Un médecin annonce à une nouvelle maman?: «J’ai deux nouvelles pour vous, l’une bonne et l’autre mauvaise. La mauvaise, votre enfant est roux. La bonne, il est mort.» En entendant de telles blagues, on en vient à s’interroger sur leur utilité.

Parce que je ne l’ai pas trouvée drôle, ai-je le droit de la condamner? Je suis persuadée que non. L’humour est un terrain glissant et quiconque est libre d’y patiner. Ceux qui pratiquent le sport extrême du stand-up comique retirent leurs gants blancs pour plonger tête première dans un bassin de controverse.

Non, aucune blague n’a jamais fait et ne fera jamais l’unanimité. Écrire des monologues comiques c’est un peu comme regarder quelqu’un tomber, au début on trouve ça drôle jusqu’à ce qu’on constate que la personne s’est fait mal en tombant.

Malgré le fait que certaines blagues en écorchent plusieurs au passage, elles doivent être dites. La liberté d’expression est cruciale. L’humour est depuis belle lurette une des formes de dénonciation les plus importantes. Par exemple, Molière tenait des propos satiriques à l’égard de la monarchie. Ses discours étaient, pourtant,  indispensables. Remettre en question le bon travail des dirigeants par le biais de la caricature et d’imitations est indispensable pour une société démocratique.

Cette tradition du rire est toujours aussi importante aujourd’hui. Elle explique en outre la popularité du «Bye-Bye» qui année après année est l’émission la plus écoutée au Québec.

Après chaque diffusion, certains en sortent froissés par ce visionnement. Ce qui les blesse vient probablement du fait que dans chaque blague, il y a un fond de vérité. La blague a pourtant fait rire tout le monde, sauf la personne ridiculisée.  La réponse ne passe pas par la censure. Bref, ne demandons plus aux humoristes de réécrire leurs sketchs, mais plutôt aux Québécois d’enfin faire preuve d’autodérision.

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