Le client est roi

dimanche 26 février 2017 6:18

Par Gabriel Guénette

Chaque année, lors de la période estivale, les dirigeants de la Ligue nationale de hockey (LNH), accompagnés des 30 directeurs généraux, se rencontrent à Boca Raton, en Floride, afin de discuter de la dernière année et de chercher des solutions pour «rendre le sport plus intéressant».

Lors de la réunion de 2015, Ken Holland, célèbre directeur général des Red Wings de Detroit, s’est positionné sans contredit pour l’implantation du 3 contre 3 en prolongation lors de la réunion de 2015. «Nous avons encore seulement 43 % de nos matchs qui se décident en prolongation. Il fallait changer», avait-il expliqué. Il oubliait que les partisans aiment les parties finissant en tir de barrage. Le jeu est tout autant spectaculaire et permet aux joueurs de démontrer leur habilité offensive.

Comment les dirigeants peuvent déclarer faire ces changements pour le plaisir des partisans sans leur demander leur avis? Tout semble être pensé dans l’optique d’accommoder les joueurs, comme a plaidé Doug Armstrong, directeur général des Blues de St Louis. «Les buts étant plus faciles à marquer à trois contre trois et également portés aux fiches individuelles des joueurs, je crois que plusieurs joueurs seront intéressés par ce nouveau système.» Selon lui, un grand marqueur avec 27 à 29 buts par saison peut facilement passer à 35 buts avec ce nouveau système.

Parfois, les tirs de barrage peuvent même représenter une certaine compensation pour le partisan. Personne ne peut prédire exactement le pointage final d’une partie de hockey, pouvant se terminer 7 à 5 ou 1 à 0. Dans ce dernier cas, s’il est décidé en tir de barrage, le spectateur a au moins quelque chose à «se mettre sous la dent». Ainsi, ce dernier en a plus pour son argent que s’il assistait simplement à un but victorieux en fin de troisième période ou même en prolongation.

Les ligues sportives devraient baser leurs changements sur un vote des partisans, au même niveau que celui qui est fait pour créer les équipes d’étoiles. Car accorder une telle liberté aux dirigeants revient à leur laisser décider les goûts des spectateurs. Le client paie, il doit choisir.

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